Publié le lundi 23 février 2009 - 20h11
Les industriels proposent aux distributeurs des hausses de tarifs entre 0 et 2%, ont indiqué leurs représentants lundi, à la veille d'une réunion avec Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation, qui les accuse d'augmenter certains prix de manière injustifiée.
«On nous fait un faux procès. 95% des sociétés de l'agroalimentaire sont des PME et leurs marges nettes se situent entre 0,5% et 1,5%. Si on ne tient pas des prix extrêmement compétitifs, on disparaîtra du marché», a indiqué Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).
Luc Chatel va rencontrer les fournisseurs mardi, après avoir constaté que certains d'entre eux, notamment les fabricants de pâtes, proposaient aux distributeurs «des augmentations de tarifs supérieures à 15% alors que le prix du blé a baissé». Il a fait le même constat concernant les produits d'hygiène.
«C'est faux! La moyenne des tarifs se situe entre 0 et 2%, personne ne peut se permettre de proposer des hausses de 15%. Dans tous les cas, les distributeurs les refuseraient», a réagi M. Buisson.
Distributeurs et industriels négocient actuellement les tarifs des produits de grande consommation, qui seront appliqués toute l'année. Ces négociations, qui durent des semaines et doivent s'achever à la fin de février, sont toujours très tendues.
Après une flambée des prix des produits alimentaires en 2008 en raison de la hausse des cours des matières premières, les étiquettes ont commencé à baisser timidement, reculant de 0,1% entre décembre et janvier, selon l'Institut national de la statistique. Sur un an, les prix sont en hausse de 2,4%.
Pour M. Buisson, «l'inflation des produits alimentaires devrait osciller entre 0 et 2% à partir du deuxième trimestre» par rapport à la même période en 2008.
«Il faut attendre le deuxième trimestre pour voir l'effet des négociations entre distributeurs et industriels sur les prix à la consommation», a indiqué de son côté Olivier Desforges, président de l'Institut de liaison et d'études des industries de consommation (Ilec), qui représente de grandes marques alimentaires et non alimentaires.
«Je n'ai aucun doute au sujet du fait que les prix seront en déflation par rapport à 2008», a-t-il ajouté.
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