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/ Actualités / Elevage/Commercialisation : la contractualisation ne fait pas peur aux associations d’éleveurs Publié le jeudi 03 juin 2010 - 15h33
Confrontées à des attaques sur le transfert de propriété, les associations d'éleveurs, qui sont des organisations de producteurs non commerciales, ont préparé un modèle national de contrat qui pourra être décliné localement, explique, dans une interview, Jean-Pierre Duclos, le président d'Elvea France, la structure qui représente les associations d'éleveurs.
Quels sont les enjeux de la LMA pour les associations d’éleveurs ?
Nous sommes favorables à ce projet, mais nous avons de grosses interrogations. Notamment vis-à-vis des critiques formulées contre les associations par notre propre famille syndicale, qui considère qu’elles ne remplissent pas leur rôle d’organisation de producteurs (OP).
Vous parlez de la volonté de la FNSEA et de Coop de France d’imposer le transfert de propriété ?
Ils s’en servent pour nous faire disparaître. Les discussions que nous avons avec le ministère et les parlementaires ne vont pas dans ce sens. J’espère que nous trouverons une solution, et qu’on laissera la liberté de choisir aux éleveurs. L’exemple du porc montre que le transfert de propriété n’assure pas le revenu des producteurs.
Quelle alternative proposez-vous ?
Nous pouvons travailler avec un mandat de commercialisation, l’éleveur chargeant son OP de négocier pour lui avec l’aval le marché et les plus-values.
Que vous inspire l’évaluation des OP prévue à la fin de 2012 par la LMA ?
Elle pourrait être avancée d’un an. Nous ne savons pas comment elle sera faite. Nous serons jugés sur l’efficacité de notre travail. J’espère juste que les OP commerciales seront évaluées de la même façon, et que ce bilan sera global, et non pas réalisé OP par OP.
Êtes-vous prêt pour la contractualisation ?
Elle ne nous fait pas peur. Nous avons établi un modèle de contrat au niveau d’Elvea France que chaque association pourra décliner. Chacune d’elles gère ses propres démarches qualité, ses volumes, ses plannings de production, ses grilles de prix. Nous sommes dans les clous. Mais pour peser face à la distribution et aux gros opérateurs, il faudra sans doute se regrouper. C’est pourquoi nous envisageons de structurer les associations dans le cadre d’une Association d’organisation de producteurs (AOP) nationale.
Quelle limite voyez-vous à la contractualisation telle que la loi la prévoit ?
Ce qui m’inquiète, c’est la fixation du prix. Comment parvenir à le fixer pour un an ? Les abatteurs seront réticents pour s’engager à moyen terme. Ce n’est pas le rôle de l’interprofession, comme la LMA l’envisage. Cela ne ferait que renforcer les tensions qui existent entre les différents maillons de la filière. Je pense même que cela pèserait sur la capacité de l’interprofession à négocier des accords.
Les associations sont capables de fournir les prix départ ferme des animaux de tous leurs adhérents. C’est autre chose que les prix entrée abattoir, où on cumule les moins avec les moins. Avec la Fédération française des commerçants en bestiaux, nous pouvons remonter ces informations pour 70% des bovins commercialisés. Nous allons faire la même chose pour le mouton. Nous aurons ainsi une tendance d’évolution des prix utilisable dans nos contrats.
Que manque-t-il dans la LMA ?
Il faut garder à l’esprit que la LMA ne réglera pas tout. On nous parle de taurillons, de viande, mais on oublie les naisseurs. Et sans eux, il n’y a plus rien. Il faudra faire attention à eux lors des prochaines négociations sur la Pac, et trouver des solutions pour réduire les charges.
Propos recueillis par Éric Roussel
vendredi 04 juin 2010 - 17h04
claudia
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