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Désert médical/Zones rurales

Pas de contraintes d'installation pour les futurs médecins

Publié le mercredi 04 mars 2009 - 17h28

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Les députés des champs ont longuement débattu du désert médical lors du débat sur la loi «hôpital, patients, santé, territoire» en ce début de semaine. Toutes tendances confondues, ils ont exprimé leurs craintes de voir s'étendre le désert médical.

«En définitive, il y a en Lozère plus de vétérinaires efficaces que de médecins», s'est exclamé Pierre Morel-A-L'huisier, député (UMP) de la Lozère. «Dans les zones rurales, il vaut mieux aujourd'hui être une vache qu'un homme.» Dans son département, dans quatre ans 40% des médecins seront à la retraite.

En 2008, seuls 470 médecins se seraient installés en France, les autres préférant les remplacements, le salariat... Lors du débat à l'Assemblée, certains députés souhaitaient une modification de la loi pour exiger que les jeunes médecins exercent de cinq à dix ans en milieu sous-doté (rural mais aussi banlieue). Ces années auraient été la contre-partie de la formation dispensée dans les hôpitaux publics. D'autres suggéraient que l'Etat limite la possibilité de s'installer en zone médicale surdotée uniquement en cas de remplacement d'un médecin parti à la retraité.

Le gouvernement a pour l'instant refusé toute mesure coercitive car, selon la ministre Roseline Bachelot, on n'obligera pas les médecins à s'installer là où ils ne veulent pas aller. On manque trop de médecins partout. La ministre compte sur l’ARS (Agence régionale de santé) pour rééquilibrer le territoire. Le numerus clausus régionalisé devrait répartir le recrutement d’étudiants.

Les médecins s'installent à 80% dans leur région d'études. Comme ils s’installent surtout dans les villes universitaires, l’ARS pourra demander aux médecins installés en zone surdotée de contribuer à l’exercice de la médecine en zone sous-dotée, soit en signant des contrats de solidarité, soit s'ils le refusent en s'acquittant d'une contribution forfaitaire annuelle.

Autre mesure, 200 bourses de 1.200 euros seront allouées à des étudiants qui s’engagent à exercer dans les zones sous-dotées indiquées par les ARS. La durée de leur engagement dépendra de la durée de l'obtention de cette bourse.

Selon Marc Bernier, député de la Mayenne, les jeunes iront là où on favorise les conditions d’exercice: maisons de santé, logement pour les stagiaires, bourses... Il a ainsi fait adopter un amendement pour la création de pôles pluriprofessionnels organisés autour de l’hôpital local avec un projet de santé.

M.-G.M.


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