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Conditionnalité

La gestion des prairies, un vrai casse-tête

Publié le mercredi 30 septembre 2009 - 16h28

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La nouvelle réglementation, qui fige l'utilisation des prairies, prive les éleveurs de toute marge de manœuvre en matière de gestion fourragère.

«J'exploite 101 hectares de prairies, dont 73 ha sont permanentes et 28 ha, temporaires. Si je m'en tiens aux propositions du ministère, je ne peux intervenir que sur 8,4 ha. L'état des autres prairies est figé», explique Emmanuel Bricard, qui s'est installé le 1er janvier 2007 à Saint-Laurent-des-Autels (Maine-et-Loire).

Cet éleveur de charolais a repris 46 ha et développé l'engraissement de 50 taurillons. «Nos besoins en alimentation ont évolué. Il me faut par exemple davantage de maïs. Mais, avec cette réglementation, je ne peux pas augmenter les surfaces en fourrage aussi vite que mes besoins.»

Emmanuel Bricard pensait avoir bien géré son projet, mais les récentes propositions du ministère sur les BCAE herbe (bonnes conditions agricoles et environnementales pour la gestion des surfaces en herbe) le déstabilisent.

«On interdit aux éleveurs de retourner une prairie permanente», rappelle Sarah Pétiard, de la FDSEA 49. La sanction est dissuasive: -20% sur les aides européennes du premier pilier et sur celles du deuxième pilier contractées à partir de 2007.

Il y a quelques mois, Emmanuel Bricard a repris une prairie permanente de 50 ares. «Je pensais la retourner puisqu'elle jouxte un îlot de 3,5 ha cultivé en blé, maïs ou herbe selon les années». Le faire reviendrait à commettre une «faute intentionnelle». La pénalité dépasserait les 10.000 euros.

Pour les prairies temporaires, 70% doivent être maintenues en l'état. Emmanuel Bricard ne dispose donc que de 8,4 ha pour adapter son système d'exploitation aux évolutions du marché. «J'ai 25 ans et ma carrière est devant moi. 8,40 ha, je trouve que c'est une marge de manœuvre bien faible.»

Demande de moratoire pour 2009

Le ministère distingue une troisième catégorie qu'on ne trouve pas chez Emmanuel Bricard: les prairies temporaires de plus de cinq ans (PT5). Leur surface doit rester constante. «Cette règle du un pour un ne correspond pas à la réalité d'un assolement», insiste Sarah Pétiard. La FDSEA 49 a fait connaître ses revendications à la DDAE. Elle demande en priorité un moratoire sur les pratiques de 2009, l'exclusion des prairies temporaires de ce dispositif et la suppression du ratio un pour un pour les PT5.

A.M.

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