Publié le lundi 29 septembre 2008 - 18h26
Le GIE Arvalis/Onidol teste, à Baziège (Haute-Garonne), des cultures pluriannuelles et annuelles destinées à la biomasse. «Nous étudions l'effet des dates de coupe, de l'alimentation hydrique, du désherbage... sur la productivité des plantes et leur rendement en matière sèche (MS), mais aussi leur impact sur l'environnement, l'état du sol après récolte ou l'émission de gaz à effet de serre, explique Sylvain Marsac, responsable de la plate-forme de Baziège. L'objectif est aujourd'hui de trouver les itinéraires techniques optimaux pour l'utilisation énergétique de ces cultures, selon que l'on veut les utiliser en voie sèche ou humide.»
Bien que spécifiques aux parcelles cultivées, les résultats obtenus donnent déjà quelques pistes. La luzerne, légumineuse pluriannuelle, ne nécessitant pas d'ajout d'azote, supporte par exemple plusieurs récoltes de plantes entières par an avec un potentiel de production intéressant. Arvalis a obtenu 15 t/ha de MS en trois coupes, pour un coût complet de production de 100 à 130 €/t de MS.
«Nous émettons, en revanche, beaucoup plus de réserves sur le miscanthus, qui mobilise une parcelle pour 15 ans et se récolte un fois par an, à partir de la troisième année, ce qui entraîne trois ans sans revenu, poursuit Sylvain Marsac. Le coût à la plantation est élevé: 0,15 € par rhizome, soit 2.500 €/ha, et nécessite une planteuse maraîchère et 8 h de travail par hectare à quatre personnes (ou 3.500 €/ha pour un travail réalisé par une entreprise). Même avec une bonne préparation du sol, nous n'avons obtenu que 60 à 70% de levée. De plus, aucun produit de désherbage n'est homologué. Or les herbes freinent le développement de la plante.»
Le switchgrass, en revanche, se sème au semoir, à raison de 10 kg de graines/ha (350 €/ha), et se récolte un an avant le miscanthus. Le potentiel de MS de ces deux cultures est de 10 à 15 t/ha, mais les semences et plants, difficiles à trouver, se commandent à l'étranger.
Enfin, le maïs et le sorgho, qui se cultivent de façon conventionnelle, sont plus faciles à mettre en oeuvre. Ils produisent de 15 à 25 t MS/ha (maïs) et de 12 à 20 t MS/ha (sorgho), pour un coût complet de production de 100 à 130 €/t de MS, et nécessitent un matériel que possèdent habituellement les céréaliers.
Les résultats de ces expérimentations, menées dans le cadre du programme national REGIX (recherche sur les ressources en biomasse pour l'énergie en France), devraient être mis en ligne dès la fin de l'année.
F.Q.
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