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Aviculture

La volaille se meurt en pleine santé (enquête Grand Ouest)

Publié le lundi 21 novembre 2011 - 17h50

« La production avicole se porte bien mais elle se meurt, faute pour la filière d'avoir su maintenir son parc de bâtiments », constate dramatiquement Didier Goubil, aviculteur, président du pôle avicole à la chambre régionale d'agriculture de la Bretagne.

 

Et effectivement, les chiffres de la dernière enquête avicole (la trentième) des chambres d'agriculture du Grand Ouest (1) présentée le 18 novembre 2011 à Rennes le montrent.

 

« Les résultats confirment une consolidation des marges dans les principales productions grâce aux bonnes performances techniques », explique Elodie Dezat, conseillère à la chambre de l'Ille-et-Vilaine.

 

Mais il faut relativiser. « La rémunération des éleveurs est meilleure mais uniquement grâce à une augmentation de l'activité », alerte Didier Goubil. La rotation des lots dans les bâtiments a été plus importante car les vides sanitaires ont été réduits. Leur durée a retrouvé le niveau des années 1980 : 12 jours en moyenne contre plus de 20 jours dans les périodes les plus difficiles (marché, crise aviaire...).

 

 

Parc vieillissant

 

« La rémunération reste insuffisante pour construire de nouveaux poulaillers », reprend-il. A euros constants, le solde disponible pour l'éleveur en 2010-11 (13,2 €/m²/an) est quasi identique à celui perçu il y a trente ans compte tenu de l'augmentation des charges notamment de gaz.

 

Seuls les éleveurs dont les bâtiments sont amortis s'en sortent mieux. Le constat est alarmant : en Bretagne, 80 % du parc a plus de vingt ans et près de 40 % des éleveurs ont plus de cinquante ans. En dix ans, la Région a perdu 30 % de sa production et 23 % de ses aviculteurs.

 

« Nous renouvelons à peine 1 % du parc alors qu'il faudrait être entre 10 et 15 % pour rattraper le retard pris depuis dix ans, poursuit Didier Goubil. C'est inquiétant pour l'avenir de la filière à l'échelle de dix à quinze ans. D'autant plus inquiétant quand on sait qu'un aviculteur représente neuf emplois induits (abattoir, accouvage, aliment...). »

 

La Basse-Normandie a décidé de prendre le taureau par les cornes. Le conseil régional et les acteurs de la filière (abatteur, groupement, banque, assurance...) apportent une aide de 27 €/m² pour la construction et de 13,5 €/ m² pour la reprise d'un poulailler d'occasion.

 

_____

(1) Enquête sur la période juillet 2010-juin 2011 auprès de 568 aviculteurs dans 19 départements de la Bretagne, des Pays de la Loire, du Poitou-Charentes, du Centre, de la Normandie, du Nord-Pas-de-Calais.

 

I.L.

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