Publié le jeudi 21 octobre 2010 - 19h28
Le bureau du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté une note relative à « la terre agricole et son exploitation » présentée par Hubert Bouchet, au nom de la section de l'agriculture et de l'alimentation.
Cette note souligne que « l'agriculture, hier activité familiale, tend, par ses modes de production et les structures juridiques et capitalistiques des exploitations, à s'inscrire dans une logique industrielle, voire bientôt financière ». Le CESE a cherché à esquisser les modèles agricoles du futur.
« Si les opérateurs industriels et financiers jugent le contexte économique suffisamment attractif, l'agriculture de firme pourrait connaître un fort développement au regard des terres fertiles disponibles dans le monde et des progressions de rendements qui y sont possibles, indique la note du CESE. La production agricole s'organiserait alors progressivement comme l'activité industrielle, par des phénomènes successifs de concentration. Les firmes ne concurrenceront pas partout les fermes à condition que celles-ci utilisent des techniques modernes et disposent pour cela de surfaces adaptées, ce qui conduira sans doute à la disparition des exploitations de taille trop réduite. Au niveau mondial, à terme, il est donc illusoire d'imaginer que des exploitations lilliputiennes pourraient assurer l'alimentation de ceux qui les cultivent. L'indispensable modernisation des modes de production s'accompagnera forcément d'une réduction significative de la main-d'œuvre nécessaire. »
Afin de prévenir l'impact négatif des changements qui s'annoncent, des actions sont déjà bien identifiées, estime le CESE : régulations des marchés, contrôle des transactions foncières internationales, passation de contrats équilibrés entre investisseurs étrangers et agriculteurs locaux, mise en œuvre de politiques agricoles régionales, encadrement des transferts interrégionaux, soutien des programmes de recherche publique, diffusion des techniques et des savoirs, meilleure organisation des producteurs, utilisation optimale des crédits internationaux d'aide au développement...
Comme l'autosuffisance alimentaire n'est pas possible partout, la solvabilité des occupants de certaines zones se pose pour garantir un « droit opposable à l'alimentation ».
A télécharger : le rapport de l'IENA (pdf)
A.Co.
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