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/ Actualités / Additifs alimentaires : l’innovation face à la méfiance des consommateurs Publié le jeudi 17 juin 2010 - 19h11
Le Syndicat national des producteurs d'additifs et d'ingrédients de la chaîne alimentaire (Synpa) a tenu son assemblée générale le 17 juin 2010. Lors du débat qui a suivi, il a été question d'innovation et de sa place dans l'alimentation.
En effet, les fabricants sont confrontés la défiance des consommateurs vis-à-vis des biotechnologies. « Le consommateur n'aime pas la technologie dans l'alimentation, il aime le naturel », les a avertis Pierre Feillet, directeur de recherche à l'Inra et membre des Académies des technologies et de l'Agriculture. Il serait sans doute horrifié d'apprendre que 80 % des enzymes utilisées dans l'industrie agroalimentaire (boulangerie, produits laitiers, bière, amidon, huiles...) sont issues de micro-organismes OGM.
L'innovation garde cependant sa place dans l'alimentation, elle est même indispensable pour fournir au consommateur des produits sûrs et qui se conservent. Et la réglementation pousse parfois les industriels à innover. Ainsi, l'interdiction des antibiotiques dans l'alimentation animale ou la diminution du phosphore dans les effluents a encouragé la recherche de nouvelles substances.
Pour soutenir cette recherche, les membres du Synpa comptent sur la stratégie « Europe 2020 : une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive », que les Etats membres de l'UE devaient entériner ce même jour, et qui fixe un niveau d'investissement en recherche et développement à 3 % du PIB de l'UE.
Cependant, les intervenants ont déploré le frein des peurs, fondées ou non, de la société, relayée par les politiques. Ainsi, l'interdiction par le Parlement européen de la thrombine, une enzyme que les industriels souhaitaient employer pour « recoller » de la viande à partir de morceaux. Les eurodéputés ont estimé que cette viande « reconstituée » aurait trompé le consommateur. De plus, le bénéfice pour ce dernier n'est pas évident.
Pourtant, Claude Bertrand, chef du bureau D3 à la DGCCRF, a souligné qu'il s'agissait d'un « problème de démocratie, avec la nouvelle règle de codécision Conseil-Parlement européen, et de lobbying ». Dans le cas de la thrombine, « la réaction des députés est difficilement compréhensible, a-t-il estimé. Le bénéfice de ce produit n'a peut-être pas été suffisamment expliqué. »
E.C.
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