Publié le mardi 01 juin 2010 - 19h07
Des ruches désertées par les abeilles, des larves et nymphes expulsées ou décomposées à l'intérieur du couvain, apparemment intoxiquées : tel est le constat effectué par une trentaine d'apiculteurs du Loiret sur 30 % de leur cheptel en moyenne. « Chez moi, 150 des 600 ruches sont touchées, cela représente une perte de 15.000 € », indique Dominique Ronceray, président de l'Adapic (Association de développement de l'apiculture du Centre).
Les premiers constats remontent au début de mai, chez un apiculteur comptant 2.000 ruches dont 600 sont atteintes. Il traite contre la loque, une maladie du couvain, mais n'obtient aucun résultat. En fait, c'est l'intoxication à partir de traitements effectués sur colza qui apparaît vite comme l'explication la plus plausible.
« Dans les listes de discussion sur internet, nous avons constaté que des problèmes similaires avaient été rencontrés quelques jours plus tôt en Aquitaine et dans le Poitou-Charentes, en liaison avec des traitements appliqués pendant la floraison du colza », décrit Michel Ronceray. Certains des agriculteurs voisins des ruches reconnaîtraient en en aparté avoir effectué des mélanges fongicides-insecticides, normalement interdits.
La situation est prise au sérieux par l'Etat puisque l'Afssa, le spécialiste des abeilles de la Brigade nationale d'enquête vétérinaire et phytosanitaires, ainsi que la direction départementale de protection des populations (ex-DSV) se sont déplacés à plusieurs reprises et ont effectué des prélèvements.
Aujourd'hui, les apiculteurs s'impatientent devant la lenteur de la publication des résultats. « Si les analyses révèlent de mauvaises pratiques d'un agriculteur du secteur, nous déposerons une plainte contre x pour mélange interdit, indique le président de l'Adapic. Si, en revanche, le problème est lié aux conditions climatiques exceptionnelles de la fin d'avril, il faudra revoir les préconisations d'application. » Le préfet devrait recevoir les apiculteurs dans les prochains jours.
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Baisse de cheptel La région Centre compte 3.200 apiculteurs et 69.000 ruches (environ 5 % du parc français). Le Loiret, où se situent les mortalités massives, est le premier département en nombre de ruches. 20 producteurs professionnels comptant 7.200 ruches côtoient 860 apiculteurs amateurs qui exploitent 10.400 ruches. En dix ans, le cheptel a baissé de 30 %. |
J.T.
mardi 01 juin 2010 - 22h02
berber40
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