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La France Agricole numéro 2941

Peu de risques à stocker le colza

Publié le vendredi 21 juin 2002

Un colza récolté aux normes de commercialisation pose peu de difficultés de stockage.

Maîtriser la commercialisation dans un contexte où les fluctuations de prix sont importantes conduit de plus en plus de céréaliers à stocker leur colza à la ferme. Cette graine riche en huile possède ses contraintes propres. Mais en règle générale, les équipements de contrôle et de ventilation utilisés pour les céréales sont bien adaptés.

A l'arrivée du colza au silo, la première précaution consiste à éliminer les impuretés à chaque fois par passage au séparateur. Cela évite la formation d'amas hétérogènes dans la cellule qui représente une gêne pour la ventilation de refroidissement et un risque d'échauffement favorables aux moisissures. Celles-ci se développent en priorité dans les stockages les plus humides et/ou les lots les plus riches en huile. Elles provoquent l'acidification des graines qui est un critère de réfaction du prix entre 2 % et 5 %. Au-delà, la marchandise peut être refusée.
L'idéal consiste à refroidir les grains une première fois, sitôt la récolte terminée, de façon à ramener la température de la cellule vers 20°C. Pour des conservations de longue durée, ce premier palier peut être suivi de trois autres, espacés de deux mois environ, et qui abaisse à chaque fois la température de 5°C. Comme le colza entraîne des pertes de charges importantes, il est conseillé de le stocker dans les cellules les moins hautes afin que le moteur du ventilateur ne peine trop. Tant que l'humidité des graines demeure inférieure à 11 %, le transilage dans une autre cellule est également une parade aux riques d'échauffement.

Les acariens, essentiellement Tyrophagus putrescentiae, se développent dans les colzas où l'humidité relative de l'air dépasse 70 % et la température est supérieure à 8°C. Comme ils se nourrissent exclusivement de moisissures, ce sont d'excellents révélateurs de l'état de conservation du grain.
A la différence des insectes, les acariens fuient les points d'échauffement et n'affectent pas la totalité du grain, mais se concentrent à la surface des cellules. Le seul moyen de les éliminer consiste à sécher le grain puis à le passer au nettoyeur-séparateur. Entre 8 et 9 % d'humidité et à basse température, le colza n'est pas attaqué par les insectes. Toutefois, l'infestation peut provenir des cellules de céréales proches. Bien qu'ils n'endommagent pas le grain, les insectes vivants sont commercialement indésirables dans le colza. En l'absence de matière active homologuée sur oléagineux, la seule parade curative consiste à détruire les insectes par fumigation au phosphure d'hydrogène. Cette méthode nécessite des cellules étanches et du personnel homologué.

Le maintien de la qualité sur la durée de stockage passe par des contrôles réguliers de l'humidité et de la température du lot. Pour le premier critère, toute la difficulté tient à la précision de la mesure qui dépend autant de l'échantillonnage que des appareils de mesure. Leur fiabilité n'est réelle que lorsque la température des graines est voisine de celle où se trouve l'humidimètre. L'installation de sondes thermométriques à enfoncer dans le tas reste le moyen le plus efficace pour détecter des points d'échauffement et suivre l'évolution sur plusieurs mois. Mais comme le colza est un bon isolant thermique, ces instruments ne sont pas le moyen absolu de détection d'un point chaud et en cas de doute, il est préférable de ventiler ou de transiler le grain quand c'est possible.



Vincent Thècle


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