Publié le vendredi 31 janvier 2003
Dans certains départements, l'administration demande qu'en cas de dépassement de la dose prévue, un couvert végétal soit implanté après récolte.
Pas facile de mettre l'agriculture en équations ! Et pourtant le deuxième programme d'action de la directive nitrates vous oblige, dès lors que vous vous situez en zone vulnérable, à réaliser un plan de fumure prévisionnel pour l'azote, puis à consigner les épandages effectivement réalisés dans un cahier de fertilisation (ce sont deux documents d'enregistrement nouveaux qui vous seront demandés en cas de contrôle sur place(*)). Que se passe-t-il lorsque la dose épandue s'écarte de la fumure prévisionnelle ? L'administration peut-elle effectuer un rapprochement entre ces deux enregistrements et vous demander des comptes ? En fait, tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Et il faut reconnaître qu'une certaine confusion règne au sein même des pouvoirs publics sur la réponse à apporter. Des départements, comme certains de la région Centre (Indre, Indre-et-Loire, Loiret, Loir-et-Cher) ont édicté des règles dans leur programme d'action qui autorise l'administration à effectuer cette comparaison. D'autres n'abordent pas la question (Sarthe, Maine-et-Loire, etc.). Une troisième catégorie de départements admet des modifications du plan prévisionnel, sur la foi d'outils de pilotage de l'azote. D'où l'intérêt de consulter l'arrêté préfectoral pour connaître les exigences locales et savoir à quoi s'en tenir. Dans le premier cas, le principe commun est que tout dépassement d'azote par rapport à ce qui avait été prévu dans le plan de fumure prévisionnel doit pouvoir être justifié. Sinon, une culture intermédiaire piège à nitrates (Cipan) doit être implantée après récolte et avant une culture de printemps. C'est le cas aussi en région Centre, lorsque le rendement obtenu à la récolte est inférieur de 15 quintaux au rendement retenu dans le plan de fumure (l'azote fourni n'ayant pas été consommé en totalité par la plante). Dans le Loiret, une Cipan est également exigée si le surplus d'azote n'est pas compensé (à 20 kg/ha près) par le rendement, autrement dit par une exportation équivalente d'azote via les grains, les fourrages récoltés. En Seine-et-Marne, dans l'Oise, l'Aisne, les outils de pilotage (Hydro N Tester, Jubil, etc.) sont reconnus dans le programme d'action. Vous pouvez donc vous appuyer sur leurs préconisations pour justifier des modifications dans le plan de fumure initial. Même chose pour les cahiers des charges qualité en Picardie, une marge de manoeuvre étant laissée pour un apport azotée complémentaire.
PHILIPPE PAVARD
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