Rechercher

 

  Accueil

 

La France Agricole numéro 2935

Le bonheur de cultiver le Sud-Ouest

Publié le vendredi 10 mai 2002

Jean Michel et Maryse Patacq marient maïs, haricots tarbais, porte-graine et canards gras. Une succession d'activités qui rend leur travail varié.

Parce qu'ils étaient quatre enfants et que ses parents voulaient qu'il fasse des études supérieures, Jean Michel Patacq est devenu ingénieur chimiste : ' Après l'armée, j'ai travaillé à l'extérieur. Mes parents voulaient me laisser le choix. Mais très vite j'ai voulu revenir dans ce pays auquel je suis attaché et devenir agriculteur. ' Jean-Michel revient donc à Ger (Pyrénées-Atlantiques) dans la ferme paternelle, qu'aucun de ses frères et soeurs n'envisage de reprendre. Et lors de son stage d'installation, il rencontre Maryse sa femme. ' Mes parents avaient une ferme de polyculture élevage, à Seron, avec maïs, vaches laitières, bovins viande et moutons. Ils ont abandonné le lait en 1977. ' Lorsque Jean-Michel reprend l'exploitation en 1987, la ferme compte 40 ha. Maryse s'installe comme elle l'avait toujours prévu sur l'exploitation de ses parents. Elle comprend 33 ha consacrés au maïs, aux bovins viande et aux canards gras.
De l'élevage, il ne reste aujourd'hui que 700 canards. Les assolements des deux exploitations ne forment plus qu'un sur 90 ha. Très vite Maryse et Jean-Michel Patacq ont misé sur des productions saisonnières : ' J'aime cette succession de travaux sur une année. Nous ne partons pas beaucoup en vacances. Les changements de rythme viennent de notre organisation, souligne Jean-Michel. Maryse apprécie beaucoup le contact avec la clientèle sur le marché de frais de Tarbes. Leur assolement va donc petit à petit refléter leur choix de vie : faire des produits tracés, le plus possible marqués Sud-Ouest, alterner des cultures tout au long de l'année et pour Maryse, rencontrer sa clientèle d'amateurs de canards gras l'hiver.
' Lorsque le haricot tarbais a bénéficé d'une Indication géographique de provenance (IGP) et qu'une coopérative s'est créée, nous avons tout de suite adhéré. ' Maryse s'occupe plus spécialement des 50 ares de haricots. ' Nous ne faisons pas appel à de la main-d'oeuvre extérieure pour ce travail très manuel. Au-delà de 50 ares nous devrions nous équiper ou embaucher ', souligne Maryse. Le kilo se vend 4,60 € (30 F); le prix de la main-d'oeuvre en absorberait la moitié. Jean-Michel a également introduit cette diversité dans les grandes cultures, toujours attentif aux créneaux que peut lui offrir sa coopérative, Euralis.
Sur le plateau de Ger, Jean-Michel Patacq n'arrose pas : ' Nous avons une pluviométrie de 1 180 millimètres. Ici, aux pieds des Pyrénées entre Tarbes et Pau nous travaillons une terre noire, humifère, profonde. ' Cette absence d'irrigation écarte cependant les cultures qui ont besoin d'une sécurité absolue : pas de maïs semence donc, ni de cultures légumières. Seul le maïs doux peut passer. ' J'ai une autre contrainte qui pèse lourd sur les choix de culture : le morcellement des parcelles. Un tiers de nos parcelles sont situées en zone constructible et ne sont pas remembrées. ' Et dans cette zone où les terres sont souvent constructibles, la réorganisation foncière ou la reprise de terres sont peu envisageables.

Les Patacq ont donc choisi un assolement qui leur permet de jouer avec ces contraintes : ' Depuis 30 ans nous implantons des cultures porte-graine, de la fétuque élevée sous contrat. Les céréales ne viennent pas bien. Nous avons essayé les semences potagères, les haricots verts. Aujourd'hui, nous expérimentons pour la coopérative l'implantation de plants de pomme de terre. Un industriel cherchait dans le sud des zones vierges de maladies et adaptées agronomiquement. Cette année est la dernière année de validation de l'expérimentation. Nous implantons 7 ha répartis entre trois producteurs. Il faut trouver des îlots de 25 ha. La culture ne peut revenir sur la même parcelle avant 5 ans. ' Cette diversification nécessite des investissements collectifs : ' Avant amortissement, nous dépensons 4 587 € (30 000 F) de charges directes par hectare. A comparer avec les 612 € (4 000 F) de charge directe sur maïs. L'arracheuse, la planteuse et la bineuse devront donc être achetées collectivement. ' Les pommes de terre se calent idéalement entre les porte-graine récoltés en juillet et le haricot tarbais qui se récolte en septembre. Toujours à la recherche de valeur ajoutée, les Patacq vont revenir au maïs doux : ' Le cahier des charges est strict. L'an prochain nous implanterons 9 hectares. '





Marie-Gabrielle Miossec


  • agrandir
  • réduire


SERVICES EXPERTS

Je suis abonné(e),

Mon identifiant :
Mon mot de passe :  
| Aide |
Identifiants oubliés ?
Comment s'inscrire sur le site ?
Toutes les offres d'abonnement
Feuilletez un ancien numéro

SONDAGE

L'investissement forestier vous semble-t-il ?

Tous les Sondages
NEWSLETTER

Chaque soir,
La France Agricole
aujourd'hui

Archives de
La France Agricole

Recherchez

dans les archives de la France Agricole et

Feuilletez

les numéros depuis 2004

Suivez La France Agricole :

Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles

Découvrir nos Offres

Les publications du Groupe France Agricole