Publié le vendredi 26 avril 2002
Après avoir mis le pulvérisateur en commun, Philippe Pommeraud et ses voisins ont perfectionné leur technique.
Quand nous avons acheté un pulvérisateur en Cuma en 1991, nous voulions un matériel performant à un prix de revient compétitif, comme nous le faisons pour les autres équipements ', explique Philippe Pommeraud, un des trois associés du Gaec Bataillé à Saint-Georges-de-Longuepierre, en Charente-Maritime. Blé et maïs irrigué y représentent la moitié de la surface, le reste étant consacré aux oléoprotéagineux et à l'orge de brasserie.' Mais à l'usage, la surface à traiter s'est révélée trop importante pour le même automoteur et les conditions de traitement étaient médiocres. ' Avec de surcroît des problèmes mécaniques, le remplacement de l'appareil s'est donc imposé. Simultanément, les adhérents de la Cuma de l'Aubaine sont entrés en relation avec Benoît Bon, de SC2 (société de conseil technique privé) qui les a formés sur la pulvérisation et les buses. Le renouvellement a commencé par le choix de buses Teejet XR (jet pinceau à 110°) : une de couleur jaune sert à traiter à 60 l/ha pour la plupart des traitements, à 1,2 bar de pression à 12,5 km/h ; une rouge et une bleue permettent des traitements à 80 et 150 l pour les désherbages demandant plus de volume. Les adhérents ont acheté deux automoteurs (Evrard Alpha de 24 m) pour avoir une force de frappe rapide et intervenir dans les meilleures conditions, les sept exploitations de la Cuma totalisant 700 ha. La circulation continue assure des ouvertures de tronçons rapides et les volumes réduits augmentent l'autonomie (40 ha pour 2 500 l). Philippe Pommeraud utilise fréquemment de l'Héliosol en adjuvant, qui favorise l'étalement de la bouillie et compense les impacts moins nombreux liés aux grosses gouttes. Les doses sont ajustées selon les conditions climatiques, le stade et le degré d'infestation du parasite et l'objectif visé. ' Je mesure la température et l'hygrométrie avec un appareil portatif. L'hygrométrie minimale pour intervenir est de 50 %, et la température doit être comprise entre 10 et 20 °C pour un fongicide sur blé. Avec les conditions de ce mois d'avril par exemple, pas question de pulvériser la journée. En revanche, je n'hésite pas à sortir le pulvé en cas de rosée matinale ou tard en soirée. De plus, la nuit présente l'avantage d'être moins ventée ', témoigne Philippe Pommeraud. L'appareil est d'ailleurs équipé de quatre phares de travail vers l'avant et vers l'arrière. Les économies réalisées grâce à l'optimisation de la pulvérisation sont estimées entre 18,29 et 22,87 €/ha (120 et 150 F). Le passage seul (sans chauffeur ni carburant) est facturé de 6,86 à 7,62 € (45 à 50 F). Testées chaque année comme l'ensemble des appareils, les buses ont été changées deux fois depuis cinq ans (environ 12 000 ha). En cours de campagne, quatre demi-journées par an avec Benoît Bon sont programmées pour ajuster la stratégie selon les situations sanitaires observées dans les parcelles. Tous les deux ans, des membres de la Cuma se forment sur les nouveaux produits à la chambre d'agriculture. L'interdiction de l'atrazine remet en cause le désherbage du maïs car, outre sa matière active, ce produit faisait office de mouillant qui améliorait l'efficacité des sulfonylurées.
Vincent Boddaert
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