Publié le vendredi 12 avril 2002
Ne cherchez pas une quelconque consigne de vote dans les lignes qui suivent, vous seriez déçus !A quelques jours du scrutin présidentiel, la campagne électorale ronronne, caractérisée par un manque de relief et de profondeur, avec comme points de fixation la sécurité, les retraites ou encore la fiscalité. Et que dire de la place attribuée à l'agriculture dont l'influence politique serait pourtant, selon une étude récente, encore trois fois supérieure à son poids démographique (3,5 % de la population française)? Louée comme ' facteur de cohésion sociale ', elle n'en est pas moins reléguée à l'arrière-plan des programmes électoraux et très souvent dissoute dans les questions de ruralité. Le ring électoral ne se déplace plus guère aux champs, hormis le passage éclair d'un candidat dans une ferme çà et là . Il paraît que les préoccupations des agriculteurs deviennent de plus en plus proches de celles des citadins et surtout que leur vote tient d'abord compte des questions générales. Il est vrai aussi que la complexité des dossiers purement agricoles a de quoi tempérer les velléités de s'y impliquer davantage. Face à la pléthore de candidats, La France agricole a voulu recueillir auprès des principaux les marques d'un projet, d'une ambition ou d'un dessein pour l'agriculture. Et surtout, une ligne de conduite pour rompre l'isolement dans lequel on tendrait à la cantonner. L'art de ménager la chèvre et le chou, pour marier les aspects économiques, sociaux et environnementaux, n'empêche pas de dégager des orientations bien distinctes. Mais, sur certains points, les discours se tiennent dans un mouchoir. Le fait que la politique agricole ne se décide plus à Paris incite les candidats à adopter une prudence de sioux sur les grands enjeux européens et internationaux . D'où ce sentiment que les mesures nationales deviennent des outils d'accompagnement des grandes orientations données à Bruxelles. La modulation des aides, qui joue in fine le rôle d'un impôt, les contrats territoriaux d'exploitation (CTE), mais aussi les aménagements de la fiscalité ou du droit rural en sont l'illustration. Personne en tout cas ne se hasarde plus à bâtir des plans sur la comète en matière d'installation. Et en guise d'embardée un tantinet provocatrice, certains proposent d'éclater le ministère de l'Agriculture, considéré comme ' le ministère de l'Intérieur des Campagnes ', et d'emprunter aux Allemands leur modèle d'organisation ministérielle. De là à croire que la tendance amorcée Outre-Rhin s'inscrit dans le sens de l'Histoire...
Eric Maerten
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