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La France Agricole numéro 2930

Cent vingt vaches en bio

Publié le vendredi 05 avril 2002

Les associés du Gaec de la Meix conjuguent surface importante, gros troupeau laitier et agriculture biologique. Et cela fait trente ans que ça dure.

Avec une surface de 205 hectares et un quota laitier de 533 000 litres, l'exploitation du Gaec de la Meix est représentative des grandes structures qui prédominent dans l'est de la France. Elle est pourtant restée en phase avec le principe qu'édicte Pierre Toussaint, ancien associé aujourd'hui à la retraite : ' Quarante hectares doivent faire vivre un ménage. '
A la sortie du village de Reillon (Meurthe-et-Moselle), cinq associés se partagent donc les tâches dans ce Gaec, créé en 1965, pionnier à plusieurs égards. Les associés n'ont jamais eu aucun rapport de famille. Enfin, il a entamé sa reconversion en bio au début des années soixante-dix, au moment même où le maïs s'imposait dans la région avec toutes ses promesses d'intensification fourragère.
' Nous avons dans un premier temps suivi ce cheminement vers un mode intensif, relate Pierre Toussaint. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte qu'il générait davantage de problèmes sanitaires. Cela nous a amenés à prendre une orientation bio. '
Trente ans après cette reconversion, l'application du cahier des charges ne pose pas plus de problèmes que dans une structure moyenne. Seulement, tout prend une dimension en rapport avec la taille de l'exploitation et du troupeau de 120 vaches.

' Le système fourrager est uniquement basé sur l'herbe, qui couvre 160 ha ; 45 hectares de prairies proches de la stabulation ont été aménagés pour être faciles d'accès grâce à des chemins empierrés. Ils sont divisés en petites parcelles gérées à la clôture électrique. L'objectif est de parvenir à un cycle de 25 à 35 jours en pâturage tournant, en attribuant un are par vache et par jour. Cent hectares sont fauchés à partir de la deuxième quinzaine de mai pour constituer les réserves de foin séché en grange ', explique Pierre Toussaint.
Malgré l'effectif important, les pathologies ne constituent pas une préoccupation majeure au Gaec de la Meix. ' Sur le plan préventif, deux éléments sont prépondérants : l'ambiance du bâtiment et le fourrage ', notent Joseph Thiebaut et Hervé Renaudin, qui s'occupent particulièrement du troupeau. Pour l'espace réservé aux 100 vaches en lactation, les associés apportent chaque jour 1,2 t de paille en deux fois. L'aire d'exercice est elle aussi raclée matin et soir.
' Sur le plan alimentaire, nous avons abandonné l'ensilage d'herbe en 1998 au profit du foin séché en grange. Sans affecter la production, ce choix s'est traduit par une nette amélioration de l'état sanitaire des vaches et aussi de leurs veaux, observe Joseph Thiebaut. Le cas échéant, pour faire face aux pathologies classiques, nous disposons de quelques produits phytothérapiques et homéopathiques. Enfin, et uniquement dans les cas extrêmes, nous pouvons utiliser un antibiotique comme le cahier des charges bio nous y autorise, dans la limite de deux interventions par animal et par an. '



Rémy Serai


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