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La France Agricole numéro 2927

Raisonner les traitements fongicides sur blé dur

Publié le vendredi 15 mars 2002

En ajustant les dates et les doses en fonction des risques et des variétés, il est possible de bien protéger les blés durs avec un ou deux traitements répartis en deux ou trois passages.

Le blé dur craint moins la septoriose que le blé tendre, et n'a pas besoin d'une protection aussi soutenue. J'attends la sortie de la dernière feuille pour faire un premier passage préventif, avec une demi-dose d'Opus à 0,6 l/ha ou d'Amistar à 0,3 l/ha ', explique Christophe Régnier, qui cultive en Loir-et-Cher 50 ha de la variété Lloyd. Si la pression de l'année est forte, il adapte son traitement. ' Je raisonne en fonction des quintaux à sauver. L'an dernier, le temps était très pluvieux, j'ai appliqué un Ogam à 0,8 l/ha sur les parcelles à fort potentiel où la végétation était dense. '
Il concentre ensuite sa protection sur la fusariose, qui constitue le risque principal. ' J'interviens à la floraison avec un traitement de Caramba à 1 l/ha, associé à une deuxième triazole ou à une strobilurine, en deux passages. Le positionnement est essentiel, il vaut mieux traiter deux fois à demi-dose pour être sûr de bien couvrir la période de risque ', estime-t-il.

' En fractionnant pour encadrer la floraison, on fait toujours aussi bien et souvent mieux qu'avec un traitement unique, confirme Michel Bonnefoy, l'ingénieur régional de l'ITCF. En début de cycle, par contre, il est inutile de traiter systématiquement au stade deux noeuds. Lloyd est assez résistant à la septoriose, et la rouille brune, en année précoce, ne démarre pas avant épiaison ', précise-t-il.
En Camargue, c'est la rouille brune qui reste la plus redoutable. ' Ici, elle démarre souvent tôt. Sur la variété Orjaune, très sensible à cette maladie, je traite en préventif à la montaison avec une demi-dose d'Ogam. Il a une bonne rémanence, cela suffit pour tenir jusqu'à l'épiaison, où je reviens avec une pleine dose de Flamenco. Sur Arcalis et Nefer, par contre, je ne fais en général qu'un traitement à la dernière feuille étalée, toujours avec Flamenco, car il a un effet intéressant sur le piétin échaudage ', explique Michel Courtin, qui cultive 120 ha de blé dur dans les Bouches-du-Rhône.
En début de cycle, si l'année est favorable à l'oïdium, il protège Orjaune et Arcalis, deux variétés sensibles, avec une application de Fortress duo à pleine dose. ' L'an dernier, j'ai réalisé trois traitements sur Orjaune, deux sur Arcalis et un sur Nefer. Le coût moyen a atteint 76 euros/ha (450 francs), mais j'ai récolté 60 q/ha malgré les fortes pressions. '



Frédérique Ehrhard


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