Publié le vendredi 01 février 2002
Ouvrier d'usine, Christophe Tournier s'est installé avec les aides et vient de souscrire un CTE.
En ce début d'après-midi, Christophe Tournier a déjà une bonne journée de travail derrière lui. Il fait les 2 x 8 dans une usine de peinture sur carrosserie. Quand il est de l'équipe du matin, comme cette semaine, il travaille de 5 h à 12 h 30. ' La semaine prochaine, ce sera de 12 h 30 à 20 h ', dit-il avec le sourire. Papa de trois garçons, ouvrier et agriculteur, Christophe porte les trois casquettes depuis son installation en 1996 sur la ferme familiale à Descartes (Indre-et-Loire).Comme l'exploitation est située en zone défavorisée et que la pluriactivité est prise en compte dans le schéma directeur départemental des structures (SDDS), Christophe a bénéficié d'une demi-DJA (dotation jeune agriculteur) et des prêts bonifiés jeunes agriculteurs (MTS-JA). ' J'ai conservé mon poste à l'usine. Avec le remboursement des emprunts, la ferme ne dégage pas assez de revenus pour faire face, explique-t-il. Je ne voulais pas que l'exploitation soit démembrée. Surtout, j'ai toujours souhaité m'installer. ' Cet agriculteur à titre ' secondaire ' élève 93 brebis et 21 vaches allaitantes sur 56 hectares. Avec l'aide de son épouse, il assume tout le travail, à l'exception des labours. Il cultive 7 hectares de triticale pour l'alimentation des bêtes, le reste est en prairies temporaires. ' Le travail en équipe à l'usine me permet d'être présent sur l'exploitation le matin ou le soir. J'apprécie de partager ces moments avec mon épouse et mes enfants. Rien à voir avec le travail à la chaîne. ' Pour toucher les aides compensatoires, son statut d'agriculteur à titre secondaire importe peu. La réglementation européenne exige uniquement du bénéficiaire qu'il soit identifié comme producteur. Christophe perçoit notamment des primes vaches allaitantes, ovines et bovins mâles et dépose une déclaration Pac. De même, le CTE (contrat territorial d'exploitation) n'est pas réservé aux seuls exploitants à titre principal. Toute personne physique ou morale exerçant une activité agricole peut souscrire un CTE. A la signature du contrat, l'exploitant doit être en règle avec le contrôle des structures et à jour du paiement des contributions et cotisations sociales. Après six mois de préparation avec l'Adasea d'Indre-et-Loire, Christophe a déposé un dossier CTE en février 2001. Il s'est engagé sur cinq ans à rajeunir et augmenter le troupeau ovin, investir dans des clôtures, limiter les apports en azote sur les prairies. ' Comme j'ai souscrit le contrat dans les cinq ans de mon installation, je bénéficie d'une majoration des aides ', précise-t-il. Même si son activité salariée l'empêche d'assister à toutes les réunions d'information agricole, Christophe se tient au courant de l'actualité. ' Je me sens agriculteur à part entière ', résume-t-il.
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres