Publié le vendredi 02 novembre 2001
Entrepreneur et féru de mécanique, Alain Bon a apporté quelques modifications sur son ensileuse. A puissance égale, elle a gagné en rendement sur les chantiers.
Malgré ses dix campagnes, ses 4 600 heures au compteur et son ' modeste ' moteur de 400 ch sous le capot, l'automotrice d'Alain Bon, entrepreneur à Euilly, dans les Ardennes, récolte trois hectares de maïs à l'heure en conditions normales. L'ensileuse est dotée d'un bec rotatif huit rangs. Or, dans les chantiers qui se déroulent en travers d'une pente, il arrive qu'un bec de cette largeur ' laboure ' le sol à l'une de ses extrémités. C'est pourquoi Alain Bon en a revu la fixation sur le châssis automoteur. Dans sa partie inférieure, le Kemper est supporté par un gros axe, placé en position centrale. Il peut donc se balancer de part et d'autre de cet axe. Dans la partie supérieure, il est maintenu par un rail et trois galets, qui guident ses mouvements de balancier. Le bec dispose ainsi d'une amplitude de mouvement qui évite les ripages à ses extrémités. Durant la dernière campagne, l'entrepreneur a ensilé 240 hectares de maïs, soit autour de 12 000 tonnes de matière brute, sans affûter une seule fois les couteaux. Pour cela, il a modifié l'ancien tambour à 54 couteaux biseautés pour y fixer 12 couteaux droits en acier traité, fabriqués sur mesure par une entreprise spécialisée.' La coupe droite par des couteaux de haute résistance apporte du débit à la machine. Cela m'a permis de remplacer l'ancien bec six rangs par un huit rangs. Dans un maïs moyen (10-12 tonnes de matière sèche/hectare), je travaille à une vitesse de 6 km/h. La consommation de fuel ne dépasse pas 24 à 33 litres par hectare, selon la densité du maïs ', assure l'entrepreneur. Il a d'ailleurs déposé un brevet pour ce dispositif de coupe adaptable sur tous les modèles d'ensileuses. Seule contrepartie : le démontage des couteaux est nécessaire pour procéder à leur affûtage. L'opération s'effectue avec une surfaceuse munie d'une meule humide. Cet affûtage à froid ne nuit pas à la trempe de l'acier et en enlève une épaisseur infime (cinq dizièmes de millimètre) pour rétablir le tranchant. Dans le cas de cette ensileuse, les opérations de démontage, d'affûtage et de remontage demandent environ deux heures. ' L'idéal est d'avoir un jeu de couteaux d'avance, estime Alain Bon. Compte tenu de leur extrême résistance à l'usure, le prix de revient de ces couteaux se situe en dessous de ce qui existe par ailleurs. '
Rémy Serai
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