Publié le vendredi 03 mai 2002
Importations massives de produits saumurés, droit de douanes réduits... Les coopératives agricoles de l'Ouest réclament des règles du jeu équitable pour faire face à la crise avicole
La situation que connaît l'aviculture aujourd'hui est grave car il s'agit d'une crise structurelle, durable, qui remet en cause nos filières ', prévient Pierre Marquet, président de la CCAOF (1). Actuellement, les filières poulet et dinde perdent 5 millions d'euros (33 MF) par semaine. Sur le terrain, les producteurs subissent un allongement des durées d'élevage, des vides sanitaires, une baisse des contrats de reprise. En aval, des emplois sont menacés. Les raisons de la crise sont connues : l'alourdissement des charges, mais surtout l'explosion des importations en provenance du Brésil et de Thaïlande. Ces pays font entrer en Europe des viandes saumurées et des préparations à taux réduit sous couvert de nomenclature douanière. Entre 2000 et 2002, les importations sont passées de 578 000 tonnes à 1 million de tonnes. Cet accroissement représente la moitié de la production bretonne.' Ce qui arrive à la volaille pourrait arriver à d'autres filières ', préviennent les coopératives. L'Ouest représente 2,5 millions de tonnes de céréales. Aujourd'hui, elles ne peuvent pas rester sans réagir. ' Nous sommes favorables à une interprofession, explique Jean-Yves Le Barzic, président d'Unicopa. Mais elle ne sera en rien efficace tant que nous ferons face à des positions politiques irresponsables, tant que les règles du jeu sur le plan commercial seront bafouées à l'OMC et qu'aucune visibilité ne sera donnée aux opérateurs. ' Les coopératives demandent à Bruxelles d'organiser le marché, de maîtriser les importations en utilisant les possibilités que laissent les accords de l'OMC. ' A l'heure actuelle, le repli de la production en Europe est compensé par des importations. En dinde nous sommes à 30 % de mises en place en moins par rapport à la même époque de l'an dernier, explique Claude Jotreau, directeur de Gastronome. Quand va-t-on s'arrêter ? s'interroge-t-il. Nous allons demander une audience au commissaire Lamy. ' ' Seuls, nous n'y arriverons pas ', poursuit Jean-Yves Le Barzic. C'est de volonté politique qu'il s'agit pour que demain nous soyons encore là sur notre territoire. '
Isabelle Lejas
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