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La France Agricole numéro 2916

Les causes du syndrome des basses richesses sont identifiées

Publié le vendredi 21 décembre 2001

Les bactéries pathogènes et l'insecte vecteur de la maladie sont déterminés. Même si des questions subsistent encore, des méthodes de lutte vont pouvoir être testées.

Selon l'équipe de l'Inra de Dijon (1), la maladie du syndrome des basses richesses (SBR) est causée par deux bactéries : une protéobactérie et un phytoplasme (bactérie sans paroi). Transmises par un insecte de type cicadelle (Pentastiridius), ces bactéries vivent dans le tissu conducteur de sève de la plante. Elles y sont détectées, soit isolément, soit en association. Non cultivables sur milieu artificiel, elles sont difficiles à étudier en laboratoire. Les deux bactéries provoquent des symptômes similaires et sont donc identifiées spécifiquement via des techniques de microscopie et de biologie moléculaire.
Le cycle de la cicadelle commence à être bien connu. Les adultes colonisent les parcelles de juin à août et pondent au niveau du collet des betteraves. Les larves s'enfoncent dans le sol, y passent l'hiver et poursuivent leur développement sur la culture suivante. Les insectes ailés migrent vers les parcelles de betteraves voisines l'été suivant, piquent les feuilles pour se nourrir de sève et transmettent ainsi la maladie.

Deux modes de transmission sont à distinguer. Contaminées très tôt par les protéobactéries, les larves génèrent des adultes infectieux. Ces larves pourraient acquérir les protéobactéries en se nourrissant sur les betteraves infectées, jouant le rôle de plantes réservoirs. En ce qui concerne le phytoplasme, l'insecte adulte se contamine pendant sa migration en piquant d'autres plantes réservoirs, adventices (liseron, renouée des oiseaux...) ou espèces ligneuses arbustives.
L'Inra poursuit les études sur la transmission des bactéries afin de définir le moment opportun des interventions.
Selon Fabrice Ecalle, technicien à l'ITB (2), il n'existe pas de moyens de lutte efficace. En effet, la pulvérisation d'insecticides en végétation ne peut pas protéger la culture sur toute la période de vol. Il signale que les arrachages peuvent être anticipés pour limiter la chute en sucre. L'ITB s'oriente vers une lutte dans le cadre de la rotation et va tester en plein champ un traitement de semences sur céréales. Ce traitement détruirait les larves qui se développent, en hiver, dans les parcelles de blé. Le vol d'insectes vecteurs sur les champs de betteraves voisins pourrait ainsi être limité.
L'Inra envisage un contrôle des populations d'insectes et en particulier des larves. En effet, la lutte directe contre les deux bactéries est impossible. Les recherches portent sur les rotations, les techniques culturales, les plantes pièges et les traitements insecticides raisonnés et ponctuels. Des méthodes de lutte tenant compte de la biologie de l'insecte et de la transmission de la maladie, seront expérimentées.

(1) Institut national de la recherche agronomique, équipe épidémiologie des phytoplasmes d'Elisabeth Boudon-Padieu.
(2) Institut technique de la betterave.




Hélène Deram


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