Publié le vendredi 30 novembre 2001
La suppression de l'atrazine risque de conduire à une complication du désherbage par l'augmentation du nombre de passages mais également par le nombre et le volume de substances actives nécessaires pour contrôler l'ensemble de la flore nuisible. Et il faudra en plus se passer de la synergie apportée par l'atrazine. Employée dans les programmes de désherbage, celle-ci permet en effet de réduire d'environ 30 % les quantités d'herbicides auxquels elle était associée. Son interdiction va entraîner une usure du matériel, des modifications dans l'organisation des chantiers de désherbage et, selon les conditions climatiques, un effet défavorable sur la structure agronomique des parcelles, ainsi qu'un surcoût en carburant et en produits de désherbage. Ce surcoût est évalué par les professionnels entre 100 et 250 F par hectare et par an, même si certains estiment que la forte concurrence qui va s'opérer sur ce marché des herbicides maïs risque de réduire quelque peu le prix des futurs produits. Maintenir ses coûts pourra passer par la réadaptation des stratégies de désherbage, avec par exemple des programmes à doses réduites, ou bien par l'acceptation d'un salissement plus important de la parcelle à un stade du maïs non préjudiciable. Mais attention aux stocks semenciers pour les cultures suivantes. La réalisation de mélanges complexes de produits pour venir à bout de cette flore diversifiée en un minimum de passages risque également de progresser, avec un résultat souvent incertain, plus irrégulier et probablement moins sélectif. D'où une possible apparition de phénomènes de phytotoxicité. Ces pratiques devraient être mieux encadrées dans le courant de l'année 2002. En effet, le groupe de travail sur les mélanges piloté par l'AFPP a finalisé un texte qui doit encore être soumis à la Commission des toxiques. Ce sujet doit être discuté fin janvier 2002 avec le ministère de l'Agriculture, ce qui devrait faire enfin évoluer le dossier. Enfin, remplacer l'effet mouillant de l'atrazine par un adjuvant est une ' piste dangereuse ', pour Valérie Bibard, de l'AGPM-Technique. Pour elle, ' les agriculteurs prennent le risque de ne pas être satisfaits '. De plus, un adjuvant n'est pas forcément sélectif du maïs.
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