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La France Agricole numéro 2908

Blé dur : retour envisageable à l'exportation

Publié le vendredi 26 octobre 2001

Les Etats-Unis et surtout le Canada dominent le marché international du blé dur depuis le recul de la production européenne qui a suivi la réforme de la Pac.

Les producteurs de blé dur ont misé sur la qualité pour conserver le marché communautaire. L'exportation vers les pays-tiers reste également à leur portée.

Après la réforme de la Pac de 1992, et l'alignement du prix d'intervention du blé dur sur celui des autres céréales, cette culture a régressé, surtout en région Centre où elle avait fortement progressé les années précédentes. ' Aujourd'hui la situation semble stabilisée, commente Philippe Braun de l'ITCF (1) de Nîmes. Les écarts sont liés aux conditions climatiques au moment des semis. ' Un des phénomènes marquants : la place de plus en plus importante de la contractualisation. Selon les estimations, sur les 1,5 million de tonnes (Mt) produites en France, environ 1 Mt sont ' fidélisées '. La nature des contrats et l'engagemenent demandé au producteur prennent des proportins différentes selon le débouché, avec, comme pour toute productin, une tendance vers davantage de traçabilité.

La production et la consommation de blé dur se concentrent majoritairement dans les pays situés autour de la mer Méditéranée. Les pays du Maghreb, dont le niveau de récolte est soumis aux aléas climatiques, connaissent des variations de rendement moyen allant parfois du simple au triple. Structurellement déficitaires en blé dur, ils en importent chaque année entre 2 et 4 Mt. L'Algérie représente, à elle seule, 80 % des importations, loin devant le maroc et la Tunisie, cette dernière pouvant être autosuffisante les meilleures années. Actuellement, ce sont le Canada et les Etats-Unis, principaux exportateurs mondiaux, qui fournissent l'Algérie et le Maroc, alors que la Tunisie s'approvisionne depuis quelques années auprès de la Turquie. Les politiques d'achats, pratiquées autrefois par les offices publics et fondées sur le prix, sont en train d'évoluer avec l'émergence des industries privées. 'Ces industries se concentrent plus sur la qualité et s'adressent aux exportateurs français, explique Christian Reclus du Groupe coopératif occitan. Leurs exigences qualitatives sont parfois aussi strictes que celles des semouliers européens.' Pour nombre de professionnels, ces marchés de proximité pourrait constituer une opportunité de développer la culture, sans mettre de côté l'actuel production haut de gamme, grâce à une politique européenne incitative. Une solution envisageable, puisque l'Union européenne est devenue importatrice et que le rôle des institutions européennes est également de garantir l'approvisionnement des industries communautaires.

(1) Institut technique des céréales et des fourrages .


Denis Lehé


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