Publié le vendredi 19 octobre 2001
Avec 88 ha en zone céréalière, des terres peu adaptées au maïs, le Gaec Ormancey s'est tourné vers une ration à base de paille et de sous-produits achetés.
Nos terres, sèches en été, ne sont pas adaptées au maïs, ni à l'herbe, explique Luc Ormancey, installé en Gaec avec son père à Moitron, en Côte-d'Or. De plus, le gibier abondant cause de nombreux dégâts. En maïs, nous dépassons rarement les 8 tonnes de matière sèche par hectare alors que nous obtenons facilement 70 à 75 quintaux de blé. ' En 1999, Luc décide d'abandonner le maïs. ' J'avais noté que la paille et des sous-produits humides permettent de produire autant de lait qu'un mauvais maïs. ' Le matériel fatigué, les silos à refaire le poussent dans cette voie, d'autant que la paille est abondante dans cette région céréalière. Pour compléter sa récolte, Luc échange désormais la moitié de son fumier contre la ' meilleure ' paille de quelques hectares de blé. Les 55 prim'holsteins produisent 7 500 litres de lait et reçoivent 5 kg de paille. ' Si elle n'est pas de bonne qualité, elle part directement sur le tas de fumier, précise Luc. Mon objectif est d'apporter 23 kg de matière sèche par vache. Au début, je manquais de références. Je suis monté à plus de 8 kg de blé dans la ration en début de lactation, avec de la paille, des drêches de brasserie et du corn-feed. Le TP est passé de 28 pour mille à 33 et le TB de 42 pour mille à 30. Une évolution intéressante, mais mes vaches étaient toujours à la limite de l'acidose. ' Après un passage par la luzerne déshydratée, Luc trouve par petites annonces un aliment qui lui convient, le ' biscuit '. Une farine à base de gâteaux, de nouilles, de chocolat périmés ou éliminés des usines. A 65 c/kg, il apporte des PDIA et du sucre. Luc l'incorpore alors à raison de 4 kg dans la ration, en substitution de blé et des drêches de brasserie. Le TB remonte à 38, et le TP atteint 35 à 37 pour mille. ' Une ration plus coûteuse mais chaque point de TP gagné améliore de 4 centimes le prix du lait. ' Début 2001, Luc essaye les frites. Issues de pommes de terre précuites à la vapeur, elles apportent un amidon bien assimilé par les vaches. A 16 c/kg, il en incorpore 8 à 10 kg dans la ration. Enfin, il découvre les drêches de soja, une purée à 30 % de MS, qui apporte de la matière grasse et de l'azote soluble pour 22 c/kg. ' Je veux au moins 1 UF/kg MS, résume Luc. Je suis toujours à la recherche de sous-produits plus économiques ou plus intéressants dans leurs apports. J'achète notamment 60 % de ma drêche de brasserie en morte-saison. ' Le prix de la ration est élevé : d'après les données technico-économiques du Contrôle laitier, il atteint entre 11 et 15 F par vache et par jour selon les mois. Mais les coûts de mécanisation et les charges de structure sont au plus bas. Le matériel, amorti depuis longtemps, souffre peu. Et le prix du lait a augmenté significativement. Enfin, Luc vend ses céréales, une valorisation des terres plus intéressante que le maïs.
Béatrice Hel-Jay
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