Publié le vendredi 19 octobre 2001
Comme l'herbe enrubannée est un fourrage relativement stable, quelques aménagements permettent d'en espacer les distributions.
Avec 4 000 à 5 000 balles rondes mises en boudin puis distribuées chaque année, l'élevage Dufraisse (Dordogne) figure parmi les plus gros utilisateurs d'herbe enrubannée en continu. Tout a donc été pensé pour simplifier les chantiers de récolte, mais aussi la reprise et la distribution du fourrage. ' L'herbe conservée en enrubannage est peu sujette aux reprises de fermentation lorsqu'elle se retrouve exposée à l'air. Sauf en période de grosses chaleurs, nous pouvons donc affourager les animaux une fois par semaine ', explique François Dufraisse. Autour de cette possibilité d'espacer la distribution de l'enrubannage, cet élevage a développé toute une panoplie d'outils et d'aménagements des bâtiments qui permettent de réduire considérablement le travail d'astreinte. Un râtelier mobile a été spécialement conçu pour les bovins amenés à passer l'hiver en plein air. Il est composé de deux barrières cornadis montées en parallèle, qui supportent un toit de 42 m². L'ensemble se déplace sur quatre roues, dont deux directrices. Le râtelier enjambe le boudin d'enrubannage, protégé sur toute sa longueur par une clôture électrique. Il est déplacé au fur et à mesure que les animaux consomment le fourrage. Pour cela, il est équipé d'un treuil dont le câble est arrimé à une barre de fer préalablement plantée dans une balle ronde. Cette installation supprime tout recours au tracteur pour affourager pendant l'hiver et s'avère intéressante dans les situations où le lieu d'hivernage est éloigné de l'exploitation. ' Mais attention, précise François Dufraisse, ce râtelier ne va apporter satisfaction que là où l'hivernage en plein air est envisageable. C'est-à -dire sur des parcelles abritées avec un sol portant, même en conditions humides, sinon, gare au bourbier ! ' L'élevage Dufraisse s'est inspiré de son râtelier mobile pour aménager le bâtiment qu'il a récemment construit. Les 2 700 m² couverts sont divisés en cinq parcs où prendront place une soixantaine d'animaux. Dans chaque parc, sont ménagées deux aires d'alimentation de 6 m de long et 1,80 m de large, dans lesquelles seront disposées cinq balles rondes. Les cornadis, disposés de part et d'autre et à l'extrémité de ces auges, permettront à vingt deux bovins de manger en libre-service. ' Pour alimenter les trois cents bovins qui vont passer l'hiver sous ce bâtiment, il ne faudra pas plus de cinq heures de travail par semaine à une personne seule ', estime François Dufraisse.
Rémy Serai
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