Publié le vendredi 13 avril 2001
L'Afssa a rendu un avis qui conforte le retrait des farines et graisses animales de l'alimentation des monogastriques. Elle élargit le débat aux risques environnementaux liés au stockage et à la destruction de ces produits.
A la suite de la demande des pouvoirs publics en octobre, l'Afssa a rendu public, mercredi 11 avril, son avis sur les risques sanitaires liés à l'utilisation de protéines animales transformées dans l'alimentation des porcs et des volailles. Si les experts distinguent les farines issues de ruminants de celles fabriquées à partir de monogastriques, le verdict reste le même : maintenir la suspension. Pour les premières, les arguments scientifiques et techniques existent : les risques de contamination croisée, du recueil des matières premières à l'utilisation du produit fini en élevage, ne peuvent être totalement exclus malgré les progrès réalisés. Les données sur la sensibilité au prion des porcs et des volailles ne sont pas suffisamment nombreuses pour s'assurer de leur effet. Même si ' aucune observation de contamination dans les conditions d'élevage ou dans les conditions naturelles ' n'a été observée. Au sujet des farines issues de monogastriques, l'Afssa estime souhaitable de ' fonder une décision sur d'autres considérations que les strictes connaissances scientifiques '. Les scientifiques évoquent aussi la nécessité de suspendre l'emploi d'autres composants issus de ruminants, comme les graisses, les phosphates bicalciques précipités d'os. Ils ne sont pas à l'abri d'une contamination accidentelle par le prion. L'avis de l'Afssa pointe également du doigt l'ensemble des ' pratiques pouvant concerner directement ou indirectement la chaîne alimentaire '. Autrement dit, les conditions dans lesquelles sont éliminés les produits issus du stockage et de la destruction des farines animales. L'objectif est d'éviter toute contamination de l'environnement par le prion. Certes, des comités d'experts ont émis des avis sur la persistance du prion dans le sol (avec les conséquences éventuelles sur les pratiques d'élevage ou de culture) ou dans l'eau, ou encore sur les traitements à envisager pour les farines. Mais les pratiques de stockage et de traitement n'ont pas été systématiquement analysées en fonction des risques mis à jour par ces experts. Afssa : Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Voir le détail des conclusions sur www.agrionline.com, rubrique ' textes de référence '.
Eric Roussel
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