Publié le vendredi 21 septembre 2001
Avec des prix à l'intervention en baisse, aucune offre française en jeune bovin n'a été acceptée lors de la dernière adjudication.
Avec à peine 2 250 t de viande française qui seront retirées du marché cette semaine et la semaine prochaine, la France est loin des 4 000 t par semaine promises par Jean Glavany, le 6 septembre. Certes les entreprises ont présenté des offres importantes, mais elles ont visé un peu haut. Leur prix de soumission a dépassé le prix maximal d'achat fixé par le comité de gestion viande bovine du 14 septembre : 14,37 F/kg en jeune bovin et 13,71 F/kg pour l'achat spécial. Résultat, aucune offre n'a été acceptée en jeunes bovins. A leur décharge, Bruxelles ne cesse de baisser les prix maximums d'achat depuis le début juillet : sur l'intervention en jeunes bovins, ils ont perdu 6,5 euros par 100 kg, soit près de 43 centimes/kg. ' La Commission a décidé dès maintenant d'abaisser de 7,1 % les prix de retrait, sans attendre la fin de l'année (1) ', commente Pascal Coste, président de la FRSEA Auvergne.La prochaine adjudication est prévue la dernière semaine de septembre. Les éleveurs entendent bien retrousser leurs manches si les 4 000 t promises ne sont pas au rendez-vous. Ils attendent aussi avec impatience des mesures pour dégager les broutards. L'intervention s'est, jusqu'à maintenant, révélée peu efficace et elle pénalise doublement les broutards alourdis : d'une part, ils sont assimilés à du jeune bovin (payé beaucoup moins cher), d'autre part ils présentent un état d'engraissement faible qui entraîne des réfactions supplémentaires. Point positif dans cette semaine encore très difficile : l'interprofession bovine a décidé le 18 septembre d'abaisser la répercussion du prix des tests ESB au consommateur. Dès le 1 er octobre, la contribution sera portée à 0,11 euro/kg pour la viande avec os et 0,17 euro/kg pour la viande désossée, soit une baisse de 14 %. Fin juillet, l'observatoire, créé pour évaluer le coût des tests, avait constaté un prix moyen de 193 F (frais d'acheminement compris) auquel il faut ajouter 30 F pour les frais engagés par l'abattoir. Cette mesure ne permettra pas de redresser la consommation, mais elle limitera la tension des prix à la distribution. A noter que l'idée d'instaurer un prix plancher payé aux éleveurs en cas de crise commence à faire son chemin. ' Nous pensons avoir été entendus par le ministère de l'Agriculture ', a précisé René Louail, à l'issue de la rencontre qui a eu lieu le 13 septembre entre la Confédération paysanne et Alain Berger, directeur de cabinet de Jean Glavany. (1) La baisse du prix à l'intervention a été décidée dans le cadre de l'Agenda 2000.
Cécile Blanchard
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres