Publié le vendredi 07 septembre 2001
L'installation va de mal en pis. Non seulement les candidats se font rares, mais de plus en plus fréquemment, les jeunes exploitations ne tiennent pas. Si le cap des dix années n'est pas franchi, il faut rembourser la dotation jeune agriculteur (DJA). L'aventure se transforme, alors, en drame.La gravité de l'actuelle rechute de l'installation est telle que la résignation, qui était pourtant grande, n'est plus de mise. Un groupe de travail et un Conseil supérieur d'orientation (CSO) pourraient réunir prochainement les syndicats agricoles et les pouvoirs publics pour, une nouvelle fois, tenter de relancer une dynamique. Les idées ne manquent pas. Il y a même débat. Chacun y va de son remède sans prendre garde d'encore détériorer l'état du malade. Certains veulent conforter les exploitations fragiles ou promouvoir les projets économiquement non viables par des aides avec la prise en compte de la fameuse multifonctionnalité. Les compensations Pac constituent le réservoir financier. Les objectifs sont d'une part de favoriser une ' meilleure redistribution de l'argent public ' et d'autre part de contribuer à la création du plus grand nombre possible d'emplois. Ce projet, qualifié ' d'installation sociale ' par ses détracteurs, a déjà montré ses limites puisque des exploitations modulées se trouvent aujourd'hui engagées dans la procédure ' agriculteurs en difficulté '. D'autres souhaiteraient rénover le dispositif d'installation pour le dépoussiérer et l'adapter. Ils souhaitent que le parcours de l'installation devienne un véritable appui, utile à la réussite du projet. Il est vrai qu'actuellement, il ressemble davantage à un parcours d'obstacles, destiné à sélectionner les plus combatifs ou les plus opiniâtres. Les simplifications administratives sont toujours les bienvenues, mais les résultats demeureront modestes si le problème de fond n'est pas abordé. Chacun sait que lorsque l'agriculture rencontre des difficultés, l'installation va mal. Il n'est jamais inutile de calmer la douleur, mais le véritable remède consiste à extirper le mal. Il faut rendre leur fierté aux agriculteurs, améliorer l'image du métier et surtout assurer une reconnaissance des services rendus par une rétribution décente. Tous les discours sur l'installation resteront vains et artificiels sans une forte inflexion de la politique agricole. Il n'est pas abusif d'affirmer que l'avenir des installations se dessine moins à Paris qu'à Bruxelles ou que lors des discussions qui ont lieu dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. La mobilisation en faveur de l'installation devrait davantage prendre en compte les grandes rencontres internationales en préparation.
Michel Collonge
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