Publié le vendredi 07 septembre 2001
Les prairies ont souffert : excès de pluie, piétinement des animaux et fin d'été sec. Si le sursemis permet de recharger les pâtures sans les détruire, le résultat est parfois aléatoire.
Les pluies incessantes au cours de l'hiver et du printemps, le piétinement des animaux et un mois d'août relativement sec ont malmené les pâturages sur certains types de sol. Pour repartir du bon pied, la technique du sursemis consiste à réaliser une implantation complémentaire de graminées, de trèfle ou de mélange sans être obligé de retourner les prairies touchées. Le sursemis est bien adapté dans les prairies très riches en cailloux, les parcelles peu portantes, les pâtures permanentes proches des exploitations. ' La méthode est bien connue, mais il est très difficile de garantir son succès ', prévient Patrick Fougère de la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique. ' La prairie est un milieu très concurrentiel. La graine doit avoir suffisamment de place pour se développer. Il faut donc qu'il y ait présence de trous et de sol nu '. Pour cela, il ne faut pas trop tarder ! Le sursemis doit être effectué courant septembre. Plus tard, les températures risquent d'être trop basses et de défavoriser la levée correcte des jeunes plantules. Pour mettre toutes les chances de son côté, le couvert doit être pâturé ou fauché ras, à 5 cm environ. ' C'est important car il faut éviter, au maximum, la concurrence vis-à-vis de la lumière pour une bonne levée ', souligne Patrice Pierre de la chambre d'agriculture de la Mayenne. Le fauchage des refus et éventuellement un désherbage ciblé (chardon, rumex...) peuvent être profitables. D'après les essais menés à la ferme expérimentale de Derval (Loire-Atlantique), la méthode d'implantation la plus simple et efficace est aussi la plus économique (400 F/ha environ). Elle consiste à griffer le sol de façon superficielle pour affiner la terre et ensuite à réaliser un semis à la volée. ' En présence d'un sol nu, un passage de herse étrille peut suffire ', explique André Le Gall de l'Institut de l'élevage.' Si la végétation est plus dense et vigoureuse, il est préférable de ' gratter ' le couvert de façon plus intense avec une herse lourde à dents droites '. Les graines doivent ensuite germer rapidement. ' Pour mettre en contact la semence avec le sol, le passage d'un rouleau est envisageable mais il est moins efficace que le piétinement des animaux pendant quelques jours ', estime Patrick Fougère. Il faudra ensuite être patient. En effet, une année au moins est nécessaire pour voir apparaître des levées significatives à condition que la prairie soit régulièrement pâturée ras.La protection anti-limaces ne doit pas être négligée. Au besoin, la mise en place de pièges (granulés anti-limaces disposés sous une bâche plastique plaquée au sol) permet d'évaluer la présence de ces mollusques. En cas d'implantation de trèfle, les apports d'azote sont à proscrire pour favoriser le développement de la légumineuse, car les graminées risqueraient de prendre le dessus.Les techniciens s'accordent à dire que la méthode n'est pas garantie à 100 %, surtout en cas d'infestation trop importante d'adventices, notamment d'agrostis rampant. Celles-ci comblent rapidement les espaces vides et sont très concurrentielles. Une réimplantation complète de la prairie sera sans doute plus appropriée.
Jean-Marie Noël
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