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La France Agricole numéro 2871

Aliment volaille : mieux utiliser le phosphore des végétaux

Publié le vendredi 26 janvier 2001

La voie nutritionnelle, notamment grâce à l'emploi de phytases, peut réduire jusqu'à 30 % les rejets phosphorés des volailles.

L'excrétion de phosphore dépend de ce que l'animal a ingéré puis utilisé. Or, 50 à 60 % du phosphore présent dans les matières premières végétales de la ration ne sont pas utilisables par les volailles (50 % pour le blé, 80 % pour le maïs). S'il est sous forme de phosphore phytique, il doit être hydrolysé par une enzyme spécifique, la phytase, sinon il est perdu. Quasi absente du tractus digestif des oiseaux, cette dernière est présente à l'état de traces dans les végétaux et est, de plus, susceptible d'être détruite au cours du processus de granulation de l'aliment. Mais une phytase microbienne fabriquée industriellement peut être ajoutée à l'aliment. Elle facilite la digestibilité du phosphore phytique et autorise une diminution des supplémentations en phosphore minéral sans détériorer les performances d'élevage.En 1997, le groupe Corpen a estimé qu'une diminution de 0,1 point du phosphore de l'aliment, associée à l'utilisation de phytases, se traduisait par 20 % de rejets phosphorés en moins. Des essais réalisés par le Cneva de Ploufragan et l'Itavi ont montré que l'impact des phytases variait en fonction des sources végétales. Néanmoins, beaucoup de nutritionnistes considèrent que l'on peut ainsi réduire jusqu'à 30 % les rejets de phosphore. Jusqu'à présent, cette enzyme était surtout utilisée en production de pondeuses et de poulets label. Pour les autres espèces standard, l'emploi d'enzyme n'était pas justrifié à cause des fortes teneurs des aliments en farines animales, source très concentrée en phosphore digestible. Les besoins étaient couverts. L'aliment 100 % végétal modifie maintenant la place de ces phytases. En effet, la substitution des coproduits carnés oblige les formulateurs à incorporer des matières premières végétales qui ne sont pas aussi concentrées en énergie et protéines. Elles laissent indirectement moins de place pour des supplémentations en phosphore minéral, dont le coût a, par ailleurs, flambé de 20 % en deux mois. Les formulateurs cherchent alors à mieux valoriser le phosphore végétal présent dans les céréales en utilisant des phytases. Dans ces conditions, il est encore trop tôt pour conclure sur une possible diminution des rejets en phosphore en France. D'autant que ces phytases ne sont pas encore autorisées pour le canard, la pintade, et autres volailles mineures.

Hélène Descloux


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