Rechercher

 

  Accueil

 

La France Agricole numéro 2897

Des agriculteurs en procès pour une irrigation défectueuse

Publié le vendredi 03 août 2001

Dix-huit agriculteurs sont en procès depuis dix ans avec le Syndicat mixte d'aménagement rural, qui vient d'être condamné.

Nous devions être une commune pilote au top niveau de l'irrigation au goutte-à-goutte en 1990 ', se souvient Yves Imbert, agriculteur à Saint-Restitut, près de Bollène, au sud de la Drôme. ' Au lieu de cela, nous devons nous lever la nuit pour aller déboucher les filtres encrassés par la vase ou obstrués par des mollusques. Notre matériel, lourd en investissements, ne fonctionne pas. Nous ne pouvons pas pratiquer les cultures de légumes que nous avions prévues. Cette situation, due à l'irresponsabilité ou au laxisme des gestionnaires, est insupportable. ' Yves Imbert est l'un des vingt-cinq agriculteurs de cette commune ayant adhéré au réseau. Comme eux, il a souscrit un contrat d'irrigation pour 35 ha, sur dix-huit ans. A l'origine du litige, l'eau qui devait être pompée dans des nappes phréatiques s'était révélée insuffisante. Il a fallu créer un bassin de rétention dérivé du canal du Rhône, dans lequel ont proliféré, à la faveur de l'exposition aux rayons ultraviolets, des algues et leurs consommateurs, des mollusques. D'où une infestation des canalisations et des filtres que les utilisateurs doivent nettoyer, car les traitements chimiques sont exclus pour les cultures maraîchères.
Dix-huit agriculteurs poursuivent en justice depuis près de dix ans le Syndicat mixte d'aménagement rural (Smard). Le tribunal d'instance vient de condamner le Smard, reconnu responsable, à verser 4 MF de dommages et intérêts à sept d'entre eux. D'autres jugements suivront ceux qui ont déjà été prononcés depuis neuf ans. A chaque fois, le Smard, qui s'était retourné contre les constructeurs et avait demandé une expertise, a fait appel. Il le fera pour ce procès et les suivants. ' Le Smard utilise tous les moyens de pression pour faire cesser les procédures des agriculteurs, considérés comme de mauvais payeurs, au lieu de proposer la réparation de ses erreurs ', affirme M e Philippe Tumerelle, leur défenseur depuis neuf ans. La direction du Smard se refuse à commenter les décisions de justice. Elle admet que des erreurs ont été commises au départ par des gestionnaires aujourd'hui tous décédés. Mais elle estime que les nouveaux investissements préconisés par expertise s'élèveraient à 3,5 MF et que le prix de l'eau ne pourrait être maintenu au seuil moyen de 60 c/m³.


Jean-Claude Gonthier


  • agrandir
  • réduire


SERVICES EXPERTS

Je suis abonné(e),

Mon identifiant :
Mon mot de passe :  
| Aide |
Identifiants oubliés ?
Comment s'inscrire sur le site ?
Toutes les offres d'abonnement
Feuilletez un ancien numéro

SONDAGE

L'investissement forestier vous semble-t-il ?

Tous les Sondages
NEWSLETTER

Retrouvez
tous les
numéros de
La France Agricole
Aujourd'hui

Archives de
La France Agricole

Recherchez

dans les archives de la France Agricole et

Feuilletez

les numéros depuis 2004

Suivez La France Agricole :

Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles

Découvrir nos Offres

Les publications du Groupe France Agricole