Publié le vendredi 03 août 2001
L'intégration de facteurs de résistance aux maladies est recherchée, surtout pour les pathogènes contre lesquels aucune solution chimique satisfaisante n'existe.
Inscrite en 1989, Renan est considérée comme la lignée qui a ouvert la voie à la sélection de variétés au profil de résistance renforcée. Depuis 1996, des variétés comme Balthazar, Oratorio, Ornicar, Virtuose lui ont emboîté le pas et près de la moitié des dernières inscriptions ont reçu une, voire deux bonifications grâce à leur résistance aux maladies. ' Dans les années 80, le choix des variétés par les producteurs était d'abord dicté par la productivité, estime Philippe Lonnet, directeur de recherche chez Florimond Desprez. Aujourd'hui, les résistances commencent à être davantage prises en compte dans le but de limiter les intrants. Pour moi, les variétés qui se comportent correctement, aussi bien en situations traitées que non traitées, sont les meilleures. 'C'est d'ailleurs ce que l'on observe avec les variétés les plus récentes. Elles présentent toutes les aptitudes pour répondre correctement à des conduites fongicides allégées et, en plus, elles se comportent plutôt bien dans des itinéraires intensifs. ' Il y a une nouvelle offre variétale, mais peu de choses changent dans les pratiques culturales ', observe Bernard Rolland, de l'Inra du Rheu. Ce scientifique participe au suivi d'essais menés en partenariat avec les semenciers du GIE ' Club 5 ', l'Inra et l'ITCF. Ces expérimentations sont destinées à identifier les associations les plus rentables sur le plan économique, entre conduite culturale et type de variétés. Les premiers résultats montrent que les meilleures marges ne s'obtiennent pas avec des impasses totales de protections fongicides et ce, quel que soit le prix de vente du blé. En revanche, en choisissant les variétés à bon profil, un allègement des traitements est rentable. Les essais demandent à être poursuivis, car ils ne sont pas complètement tranchés d'une année à l'autre et selon les sites d'expérimentation. Pour permettre un allègement réel des traitements, les variétés doivent présenter des niveaux de tolérances suffisants à l'ensemble des maladies et être accompagnées d'une conduite adaptée à leurs caractéristiques. Les variétés résistantes ne signifient pas zéro fongicide, mais dans les situations où trois traitements sont habituellement nécessaires, deux peuvent suffire, voire un seul si les conditions de l'année s'y prêtent. Les professionnels s'accordent aussi sur un point : les résistances doivent être durables dans le temps. Pour cela, il faut que plusieurs gènes entrent dans le mécanisme de résistance, évitant que le pathogène responsable de la maladie ne s'adapte. Un exemple d'échec cuisant est celui de la variété Brigadier, en Angleterre. Elle était notée résistante à la rouille jaune. Mais un seul gène portait cette source de tolérance. Et, quelques années après son lancement outre-Manche, une nouvelle souche de rouille jaune est apparue et a contourné la résistance. La souche en question est arrivée en France et a touché la variété Audace et, dans une moindre mesure, Rumba qui portaient elles aussi un seul gène de résistance.
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres