Publié le vendredi 23 juin 2006
Les cultivateurs de céréales et d'oléoprotéagineux affichent leur volonté de promouvoir une agriculture de production.
Avec la naissance d'Orama, le premier Sommet du végétal, qui s'est déroulé du 13 au 15 juin à Paris, symbolisait le rapprochement entre les trois associations spécialisées en grandes cultures, l'AGPB (producteurs de blé), l'AGPM (maïs) et la Fop (oléoprotéagineux). Les scopeurs ont tenté d'exprimer d'une seule voix leurs inquiétudes sur les négociations de l'OMC, les DPU et le poids des charges, ainsi que leurs espoirs grâce aux nouveaux débouchés. Avec comme fil rouge dans leurs actions : maintenir la compétitivité sur les exploitations. ' La compétitivité s'affirme comme l'un des impératifs vertueux permettant d'assurer l'avenir. Elle passe par le tonnage : seule la quantité permet d'amortir les coûts des infrastructures et de faire apparaître des économies d'échelle ', indique le rapport d'orientation commun. Pour les producteurs de céréales et d'oléoprotéagineux, l'innovation est à ce titre essentielle. Tout comme la mise en place du plan végétal pour l'environnement confirmée par Dominique Bussereau lors du congrès. Financé par le deuxième pilier de la Pac, ce plan bénéficiera d'une enveloppe de 14 millions d'euros (M€) pour les six derniers mois de 2006, afin d'aider à l'acquisition d'agroéquipements environnementaux et à la mise en place d'aménagements spécifiques. ' Pour 2007, le plan végétal sera doté de 20 M€ (Etat et Union européenne) auxquels s'ajouteront des crédits des agences de l'eau et des collectivités territoriales ', a précisé Dominique Bussereau. ' Il en faudrait dix fois plus ! ', estime Philippe Pinta, président de l'AGPB et d'Orama. Concernant la MAE rotationnelle, le ministre a précisé que son financement est acquis pour les exploitations déjà engagées mais il doit procéder, à la demande de Bruxelles, à une évaluation ' qui pourrait conduire à une évolution du cahier des charges '. De nouveaux contrats pourront intervenir ' à l'issue des contrats en cours ', c'est-à -dire pas avant 2009, ce que juge ' inacceptable ' Orama. Autres annonces du ministre, sans engagement toutefois : il va demander à la Commission une dérogation pour un versement anticipé des aides Pac au 15 octobre. Il a également saisi Bruxelles pour augmenter la superficie maximale garantie bénéficiant de l'aide aux cultures énergétiques (ACE). Sur la Pac, le ministre a seulement promis que le prélèvement pour la réserve nationale de DPU ne dépasserait pas 3 %, un taux que les scopeurs considèrent comme déjà trop élevé. Quant à la modulation facultative à 20 % des aides directes, il a assuré qu'elle ne sera pas mise en oeuvre en France, ' en tout cas, pas dans ce gouvernement. '
ISABELLE ESCOFFIER
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