Publié le vendredi 19 mai 2006
L'arrivée imminente sur le marché de sélénium sous forme organique est une solution supplémentaire pour lutter contre les carences grâce à cet élément minéral indispensable.
Oligoélément antioxydant, le sélénium soutient le système immunitaire. Il assure aux mammifères et aux oiseaux une meilleure résistance aux maladies virales. Chez les vaches laitières, il agit sur la santé de la mamelle, et donc sur le comptage cellulaire, ainsi que sur la fertilité. Dans de nombreuses régions productrices de fourrages et de grains, dans l'ouest de la France et en Europe, les sols sont soit pauvres en sélénium, soit légèrement acides, ce qui altère la capacité des plantes à l'extraire du sol. Les spécialistes notent également qu'en raison des problèmes de lessivage, les sols sont localement de plus en plus pauvres en sélénium. La recommandation d'apport est de 0,1 mg par kg de matière sèche (MS) ingérée pour les laitières. En moyenne, un maïs en contient 0,02 mg/kg de MS. Reste le complémentaire pour apporter les quantités nécessaires, le déficit étant très répandu. Contrairement à la vitamine E qui bénéficie d'une image très positive, le sélénium est considéré comme dangereux car le seuil de toxicité est très proche de la quantité à apporter au quotidien. La toxicité varie selon la forme d'apport : le sélénite de sodium, la forme inorganique la plus répandue dans le monde, est plus toxique que les formes organiques. La forme d'apport conditionne également la manière dont l'animal absorbe puis retient le sélénium. Ainsi, les ruminants absorbent assez peu de sélénium inorganique, car les micro-organismes du rumen le rendent inabsorbable. Au final, l'animal utilise l'essentiel du sélénium inorganique absorbé pour ses fonctions vitales et ne constitue pratiquement pas de réserves corporelles mobilisables en cas de maladie ou durant la gestation. Le sélénium organique est au contraire présenté aux micro-organismes du rumen sous une forme qu'ils peuvent stocker, comme ils le font pour le soufre et l'azote. La structure du sélénium organique est en effet proche de la forme retrouvée dans les plantes, directement assimilable. Utilisé dans la formation de protéines microbiennes, ce sélénium est ensuite disponible pour la vache laitière dans l'intestin. Son organisme peut soit l'utiliser immédiatement pour la synthèse de ses propres protéines, soit le stocker d'abord dans la toison et les onglons, puis dans les organes comme le foie, le coeur, les poumons ou dans les muscles. Ces réserves sont utiles pour transférer du sélénium au veau durant la gestation, puis par le colostrum par exemple. Il est également disponible dans les produits laitiers ou la viande pour le consommateur final.
YANNE BOLOH
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