Publié le vendredi 19 mai 2006
Beaucoup d´agriculteurs allemands aimeraient se chauffer aux céréales. Mais elles ne sont pas encore admises comme combustibles.
En regardant les prix, les choses sont claires : le blé allemand vaut entre 90 et 100 €/t tandis que le fuel a dépassé le seuil de 0,60 €/l. Or, le pouvoir calorifique de 2,5 kilos de blé équivaut à celui d'un litre de fuel. Bien que la chaudière coûte plus cher, les céréales deviennent donc des carburants économiquement très séduisants. Sauf qu'au regard de l'environnement, elles sont encore plus polluantes que le bois, déjà dans la ligne de mire des ministères de l'Environment à Berlin et dans les Länder. Poussières et oxydes d´azote rejetés lors de la combustion posent de sérieux problèmes. Donc pour le moment, le gouvernement allemand interdit d'utiliser des céréales pour se chauffer. Seules une trentaine de chaudières allemandes de 15 à 100 kW de puissance thermique fonctionnent légalement avec des céréales. Soit elles servent à la recherche, soit elles bénéficient d'une autorisation exceptionnelle qui existe dans quelques Länder. Bien sûr, des agriculteurs peuvent choisir de brûler illégalement une partie de leur récolte. Mais nul ne sait combien sont concernés. Les promoteurs du chauffage au blé espèrent que les progrès techniques et notamment les chaudières de petite taille construites uniquement pour céréales vont aider à changer la situation. Rappelons qu'aujourd´hui, la plupart des chaudières alimentées par des céréales sont en fait destinées à brûler du bois haché ou en pellets. Un seul appareil spécialisé existe sur un marché dominé par les entreprises danoises, allemandes et autrichiennes. La partie n'est pas gagnée. ' Les gens qui s'occupent de la protection contre les émissions et les lobbies du gaz et du fuel sont puissants ', souligne Sabine Hiendlmaier, de Carmen (Centrales agrar-rohstoff-marketing und entwicklungs-netzwerk), une unité de coordination pour des matières renouvelables. Il serait toutefois possible qu'en 2007 ou en 2008 le gouvernement finisse par donner son accord pour le chauffage aux céréales. Mais rien n'est sûr, soulignent tous les experts. De toute façon, si l'autorisation est donnée, elle sera assortie de valeurs seuils très sévères concernant les poussières et les oxydes d'azote. Les indispensables filtres et catalysateurs pourraient alors renchérir sensiblement le coût des petites chaudières.
RENÉ BOSSERT
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