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La France Agricole numéro 3126

Une ration sèche préparée à la ferme

Publié le vendredi 17 mars 2006

Situé dans une région herbagère, le Gaec Deboux engraisse ses bovins avec une ration sèche à forte teneur en céréales achetées chez d'autres agriculteurs et mélangées à de la paille.

Ration sèche ne rime pas uniquement avec aliment fabriqué en usine et livré à la ferme prêt à consommer. Ainsi, au Gaec Deboux, la remorque mélangeuse sert en premier lieu à concocter une ration faite de paille et de concentrés. ' Le seul élément ' humide ' est la mélasse qui agglomère les fines particules de ce mélange pulvérulent et en facilite l'ingestion par les bovins, précise Jérôme Deboux. A Chougny dans la Nièvre, il est associé avec ses frères Olivier, Hervé et belle-soeur Martine sur une exploitation de 425 hectares. Leur élevage de 280 vaches charolaises commercialise quelques veaux en reproducteurs. Le reste, selon les opportunités du marché, part en broutards ou bien est engraissé sur l'exploitation en génisses de boucherie et boeufs traditionnels, abattus vers 28-30 mois.
' Nos terres sont surtout à vocation herbagère, ajoute Jérôme. Cette année, nous n'avons fait aucune culture et toutes les surfaces se retrouvent en herbe. ' Pour l'engraissement de ses bovins, le Gaec doit donc acheter l'essentiel des matières premières de la ration : du soja et de la pulpe en bouchons chez un négociant, du maïs grain, du blé et de la paille chez des agriculteurs. Avec ces produits, les associés préparent une ration faite de 2 kilos de paille et jusqu'à 8 kilos de concentré (à 0,14 €/kg) pour les boeufs et génisses. ' Pour les animaux à plus fort gabarit, comme les vaches de réforme, la part de concentré peut monter jusqu'à 10 kilos. Naturellement, tous les animaux qui reçoivent ce type de ration ont accès à de la paille à volonté, placée dans des râteliers ', précise Jérôme. Durant l'hiver, la ration sèche est distribuée à l'auge et pendant la période de pâture, elle est mise à disposition dans un nourrisseur d'herbage.

Avec ces rations très riches en concentrés, le Gaec a été confronté voilà quelques années à des problèmes de ballonnements sur les bovins à l'engraissement. ' Il fallait être très vigilant et intervenir de temps en temps avec une sonde ', se souvient Jérôme. Pour en venir à bout, les associés ont essayé ce qui pourrait encore être considéré comme une poudre de perlimpinpin : les huiles essentielles. Cette matière commence à se trouver sur le marché sous forme d'une poudre (du carbonate de calcium) imbibée d'extraits de plantes. ' Non seulement, les ballonnements ont disparu, relate Jérôme, mais nous avons aussi observé une amélioration des performances. Les gains moyens quotidiens, qui se situaient entre 1 700 et 1 800 g, ont augmenté de 50 à 100 g selon les animaux. Sur le ticket d'abattoir, nous avons aussi pu observer que les carcasses ont gagné du poids : 436 kg de moyenne pour les génisses de 30 mois aujourd'hui contre 418 kg avant. En revanche, nous n'avons pas observé un quelconque impact sur la qualité ou la couleur de la viande. '

RÉMY SERAI


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