Publié le vendredi 27 janvier 2006
Face à l'explosion du tournesol sauvage dans certaines parcelles du Sud-Ouest, le maître mot est la prévention.
En 2005, des cas de fortes infestations de tournesol sauvage ont été observés dans le Sud-Ouest. Dans le Lauragais, la zone la plus touchée, la nuisibilité atteint 8 à 15 q/ha et réduit la qualité des variétés oléiques (8 à 11 points d'acide oléique). Ces cas aigus concernent déjà 3 % des parcelles, mais l'adventice est aussi présente de façon plus diffuse dans 20 % des situations. Les tournesols sauvages n'ont rien à voir avec les repousses de semences hybrides observables en bord de route. Les repousses de première génération ne présentent pas une telle variabilité externe, notamment de pigmentation. Les ramifications ne sont pas aussi nombreuses et ne s'organisent pas du tout de la même façon. ' Les tournesols sauvages ont été repérés surtout en 2004 et un suivi a été mis en place l'an passé, explique Pierre Jouffret, du Cetiom. Nous ne savons pas comment ces adventices sont arrivées là . ' Le centre technique des oléagineux s'est associé à l'Inra de Montpellier pour tenter de percer ce mystère. Des prélèvements de plantes sauvages ont été effectués et le laboratoire va mener des analyses moléculaires de ces échantillons pour estimer la proximité avec les variétés cultivées en France. ' Soit ce sont des formes sauvages telles que celles rencontrées aux Etats-Unis, explique Marie-Hélène Muller, la chargée de recherche. Elles peuvent avoir été introduites accidentellement par certains lots de semences pollués. Ou alors elles proviennent d'une évolution spontanée de la forme cultivée. Il n'est pas impossible non plus qu'il y ait plusieurs origines. ' ' Lors de notre suivi, nous avons rencontré des agriculteurs qui ont connu des infestations il y a une dizaine d'années. Ce n'est pas la première fois que cela se produit. En revanche, le phénomène n'avait pas connu une telle ampleur à l'époque ', précise Pierre Jouffret. Les moyens de lutte chimique en culture sont inexistants. Le maître mot est la prévention. Le tournesol sauvage est nettement plus haut que les hybrides cultivés. Il est facile de le repérer au moment de la floraison et d'éliminer les quelques pieds à la main. Le binage interrang permet aussi de maîtriser le peuplement, mais trouve tout de même ses limites en cas de forte infestation. A la récolte, il est indispensable d'éviter la dissémination des graines en récoltant en dernier des parcelles touchées. La moissonneuse-batteuse sera ensuite soigneusement nettoyée. Les faux semis à l'interculture doivent permettre un maximum de levées, qui seront par la suite détruites chimiquement ou mécaniquement.
JEAN-MARIE NOËL
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