Publié le vendredi 16 décembre 2005
Pour éviter d'importants stocks de report ou d'intervention, l'Onic estime qu'il faut développer les exportations.
Le comité de gestion va-t-il maintenir des restitutions à 7 €/t, comme lors de la séance du 8 décembre ? Les dirigeants de l'Onic (Office national interprofessionnel des céréales) le souhaitent très vivement. ' Sans une activité exportatrice efficace en blé et en orge, l'Union européenne va se retrouver avec d'importants stocks de report ou d'intervention ', a estimé Bruno Hot, directeur de l'office, à l'issue du comité permanent de l'organisation, le 14 décembre. Ce qui plomberait la campagne 2006-2007.Si la récolte européenne de blé 2005 enregistre une baisse, à 115 Mt contre 124,3 en 2004, la ressource disponible dépasse celle de l'an dernier : 144,3 Mt contre 141,2 Mt. Autant de céréales pour lesquelles il faut trouver des débouchés. Selon l'Onic, des opportunités existent encore pour le blé français. L'Egypte a accumulé du retard dans ses importations et devrait encore acheter (voir page suivante ' Le monde en chiffres '). Or l'écart de prix entre le blé français et l'origine russe se rapetissant, l'Onic estime possible que Le Caire se tourne vers l'Hexagone. Encore faut-il que Bruxelles continue de soutenir ce débouché. Les Vingt-Cinq ont déjà proposé 4,7 Mt à l'intervention. 40 % des offres viennent de Hongrie, l'Allemagne arrivant en deuxième position. ' Ce pays a tendance à considérer l'intervention comme un débouché naturel et traditionnel, a souligné Bruno Hot. Or c'est justement ce que ne veut pas Bruxelles. ' En France, les collecteurs n'ont proposé que 30 000 t. Un autre moyen d'améliorer les débouchés consisterait à résoudre les problèmes de fret interne à la France, voire à l'Europe. ' Si nous n'améliorons pas la fluidité du marché intérieur pour bouger les céréales des zones de production vers les zones de consommation, nous mettons en difficulté la préférence communautaire ', a déclaré Bruno Hot. L'Onic compte s'atteler à ce dossier. Pour la partie franco-française, un entretien est prévu avec Louis Gallois, le président de la SNCF. ' Mais il faut porter le débat au niveau européen ', a bien insisté Rémi Haquin, président de l'office. Voir le coût du fret doubler entre la France et le Benelux parce que les basses eaux du Rhin obligent les bateaux à partir avec des cales à moitié pleines ne semble pas viable, par exemple.
VALÉRIE NOËL
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