Publié le vendredi 16 décembre 2005
Dans le cadre du Pays du Sud-Grésivaudan (Isère), des agriculteurs se sont regroupés pour accompagner les jeunes qui s'installent.
Raymond Barrier, 20 ans, prépare un BTSA en apprentissage sur une exploitation de Saint-Bonnet-de-Chavagne, en Isère. Il y deviendra ensuite salarié. Le jeune homme avait pourtant le projet de rejoindre sans attendre l'exploitation de ses parents. Un peu juste sur le plan économique, l'installation est reportée. Entre-temps, il avait signé une charte avec le réseau d'agriculteurs tuteurs du Sud-Grésivaudan, en Isère. ' Notre credo n'est pas de pousser les jeunes à s'installer à n'importe quel prix, résume Jean-Pierre Détroyat, agriculteur à Varacieux et tuteur du réseau. Notre idée est d'apporter un côté humain. Il est important que des exploitants prennent le temps d'apporter leur regard de professionnels et leur vécu. A l'informaticien qui rêve de faire du canard comme au jeune de dix-huit ans qui part bille en tête sur une installation laitière en individuel. Un jeune qui s'installe dans de bonnes conditions, c'est une installation pérenne. 'Mickaël Soulier a 24 ans. Après avoir failli s'installer une première fois, il est resté saisonnier pendant quatre ans. C'est de cette façon qu'il a rencontré Maurice Boisset. Agriculteur à Chatte et sans successeur, ce dernier lui a cédé sa structure au début de 2005. Mickaël a aussi bénéficié de l'accompagnement des tuteurs. ' J'ai signé la charte de tutorat l'année qui a précédé mon installation, explique le jeune agriculteur. Cela m'a permis d'avoir quelques précisions sur la réglementation et une aide pour des courriers administratifs. J'aurai également sans doute besoin de conseils pour ma comptabilité. ' ' Les sept agriculteurs tuteurs sont bénévoles, explique Jean-Claude Darlet, agriculteur à Saint-Bonnet-de-Chavagne et tuteur. Leur rôle consiste surtout à répondre aux appels des candidats à l'installation, à dire qui rappeler pour telle ou telle question, à faire circuler l'information et à créer des contacts. Ce sont des coups de pouce. Il n'est pas question de faire les choses à la place des jeunes ou des techniciens. Toutefois, la profession doit se battre pour maintenir le nombre d'actifs agricoles, avec les jeunes du cru et les candidats d'autres régions, insiste Jean-Claude Darlet. Sur le Pays du Sud-Grésivaudan, entre 1988 et 2000, le nombre d'exploitations a baissé de 50 % '. Avec l'Adasea et le Point-info installation, le réseau de tuteurs fait le point sur les exploitations à céder et les projets d'installation en cours sur les quarante-trois communes du pays. Une fiche unique assure la liaison entre les différents organismes. Le réseau contacte chaque candidat pour lui proposer ses services. Avec ceux intéressés, le réseau signe une charte d'éthique (lire l'encadré). Les jeunes peuvent être suivis avant et après leur installation par le ou les tuteurs de leur choix. Depuis de la fin de 2003, huit jeunes ont signé la charte. Les autres peuvent toujours s'adresser au réseau pour des questions ponctuelles ou assister aux réunions d'information.
AUDE FERNANDEZ
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