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La France Agricole numéro 2893

De l'avoine sur 100 ha avant le maïs

Publié le vendredi 29 juin 2001

A Marçay, entre la Vienne et l'Indre-et-Loire, André Briant, installé en Gaec avec ses deux frères, expérimente depuis cinq ans l'implantation de cultures intermédiaires. Engagé dans un système de production sans labour, il cherche avant tout à améliorer la structure des sols. L'an passé, il s'est lancé à grande échelle. Il a ensemencé une centaine d'hectares d'avoine, entre le pois et le maïs. D'après lui, l'avoine laisse derrière elle un sol assez propre, elle améliore la structure du et limite l'érosion. ' Après la récolte du pois, nous réalisons un déchaumage rapide, puis un mois plus tard l'implantation de l'avoine avec un semoir à engrais centrifuge de 24 m. Les graines d'avoine utilisées étant plus légères que les granulés d'engrais, leur portée réelle se situe entre 18 et 20 m. Les graines sont enfouies ensuite par un passage de combi-plow (décompacteur), et du rotalabour animé par l'avancement du tracteur. Le lit de semence est rappuyé avec un rouleau packer. ' Avec cette technique, le couvert s'est bien développé, dans des sols pourtant majoritairement hydromorphes. ' L'avoine a été détruite avec 1,5 à 2 l de glyphosate fin février début mars. C'est très tard, mais vu les conditions de l'année, il ne nous a pas été possible de faire autrement. Ensuite, l'implantation du maïs a été effectuée en deux temps, d'abord le passage d'une herse rotative de 6 m, puis le semis. En parallèle, nous avons conduit des parcelles sans couvert. Le sol croûté nous a parfois contraints à réaliser un passage supplémentaire à l'aide d'un chisel ou d'un vibroculteur dans les cas où il était difficile de le reprendre directement à la herse rotative. Mais ceci a conduit à la formation d'un plus grand nombre de mottes. ' André Briant estime que la portance et le lit de semence étaient meilleurs dans les parcelles ayant reçu un couvert. ' En fait, cette année a été très positive pour la culture intermédiaire. En année sèche, il faudrait la détruire au plus tard en décembre afin d'éviter un assèchement de la réserve utile, car dès février la végétation redémarre. Cette précaution doit être prise surtout dans les argilo-calcaires, les sables ou les terres de Groie. Sur l'avoine, nous avons pu observer la présence de pucerons à l'entrée de l'hiver et les premiers symptômes de maladies dont ils sont vecteurs. Il me semble aussi important de bien gérer le risque limace. Le déchaumage après la récolte est en cela important pour limiter leur prolifération. Pour moi, il faut travailler à la carte : c'est d'abord le sol qui commande ! ' Il estime le coût d'implantation et de destruction à environ 300 F/ha (hors main-d'oeuvre). ' Je récupère en partie cette somme sur les économies de fuel lors de l'implantation, car le sol est plus facile à travailler. La vie du sol semble plus active, les lombrics se développent, même s'il est encore difficile d'évaluer l'impact de cette pratique. Et puis en 2003, il y aura la taxe sur les excès d'azote... '


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