Publié le vendredi 09 décembre 2005
Les chambres d'agriculture tirent la sonnette d'alarme sur les risques qu'une libéralisation excessive des échanges ferait peser sur la production agricole.
A l'approche des négociations de l'OMC (1), du 13 au 18 décembre à Hongkong, les présidents des chambres d'agriculture craignent pour l'avenir de l'agriculture bretonne. Ils l'ont dit à Rennes, le 29 novembre.Sur le volet agricole, la dernière proposition de l'OMC prévoit une baisse des droits de douane de 35 à 60 %, soit une baisse moyenne de 46 %, alors qu'au précédent round ce niveau de baisse n'était que de 36 %. ' En Bretagne, plus de 100 000 emplois sont concernés par cette négociation, 53 000 dans la production, 45 300 dans l'industrie agroalimentaire et 7 700 dans les services directs ', estiment les responsables professionnels. ' Avec l'accès au marché, des produits vont arriver et la suppression des restitutions risque de nous faire perdre certains débouchés ', explique Jean Salmon, président de la chambre régionale. Le beurre est en zone rouge. Dans le secteur de la volaille, 2 000 emplois sont directement concernés par l'exportation de poulet entier congelé vers le Moyen-Orient. Les restitutions sont incontournables face à la concurrence brésilienne. Selon une étude des chambres, la production et la première transformation sont particulièrement exposées, contrairement aux industries de seconde transformation qui peuvent ajuster leur stratégie d'approvisionnement. ' Il est indispensable que les propositions de l'UE n'aillent pas au-delà de ce qui est compatible avec la réforme de la Pac ', avertissent les présidents. Les chambres d'agriculture souhaitent que dans le cadre du pôle Valorial de compétitivité agroalimentaire, l'accent soit mis sur la recherche-développement sur la matière grasse laitière.(1) Ogranisation mondiale du commerce.L'EXEMPLE DE LA VOLAILLEA la suite du dernier accord de l'Uruguay round, la forte baisse des exportations subventionnées, combinée à une réduction des droits de douane, a eu comme conséquence une baisse de 27 % de la production de volailles en Bretagne entre 1998 et 2004. En dix ans, la filière a perdu plus de mille emplois.
ISABELLE LEJAS
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