Publié le vendredi 18 novembre 2005
Nina et Jan Kusy travaillent tous les deux sur leur ferme de 165 ha, située à quelque 80 km de Varsovie. Familiale, l'exploitation compte 70 ha de blé, 60 ha de colza, 15 ha de bois et 20 ha de betterave. A 50 t/ha de rendement, les Kusy n'appartiennent pas à ' l'élite betteravière ' européenne. Mais cette production leur apporte un revenu indispensable. ' Avant l'intégration, nous étions payés 27 €/t, se rappelle Nina. Maintenant, nous gagnons 46 €/t pour le quota A, environ 60 % de notre production, 30 €/t pour le quota B, soit 30 % de nos betteraves, et 10 €/t pour le quota C, les 10 % restants. Notre rémunération s'est donc améliorée et nous sommes payés plus régulièrement. Mais nous ne gagnons pas plus d'argent : nous faisons toujours 30 % de profit, ni plus ni moins. Car les prix des fertilisants et des produits phytosanitaires ont bondi de 100 % et le prix du gazole a explosé. Maintenant, nous ne savons pas si nous pourrons continuer à produire. ' Les Kusy redoutent que le groupe coopératif polonais auquel ils livrent ne tourne casaque. ' Des compagnies allemandes et anglaises rachètent en sous-main les parts sociales des producteurs, constate Jan. Cela n'a rien d'officiel, mais c'est une pratique très inquiétante pour l'avenir : ces entreprises peuvent très bien décider de récupérer de l'argent en fermant l'usine. Pourquoi défendraient-elles la betterave polonaise ? Si cela se produisait, nous perdrions 30 % de notre revenu. Nous ne pourrions pas survivre. '
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres