Publié le vendredi 22 juin 2001
Le raclage améliore temporairement l'air ambiant mais aucune différence ne se dessine entre une fréquence de deux ou de quatre jours.
Opérationnels depuis mars 2000, les deux bâtiments d'élevage de canards, conçus à l'identique, de Gilles Martin-Peulet, agriculteur à Saint-Julien-sur-Veyle, dans l'Ain, font désormais l'objet d'études approfondies sur la gestion des odeurs. Cette ferme-pilote (2), dont les expérimentations sont encadrées par l'Itavi (Institut technique de l'aviculture), vient de réaliser un premier essai sur l'influence du raclage. Adopté par de nombreux éleveurs, le raclage aurait l'intérêt d'évacuer les déjections vers l'extérieur et de réduire les fermentations dans le bâtiment. Mais ce mouvement des déjections provoque une oxygénation brutale du lisier avec un dégagement possible de gaz dont l'hydrogène sulfureux (H 2S) et l'ammoniac (NH3). Ces gaz sont d'ailleurs des indicateurs choisis pour l'évaluation du niveau d'odeur. En comparant les émissions de gaz au cours de deux fréquences de raclage, réalisés tous les deux ou quatre jours, aucune différence n'a été mise en évidence.' Le raclage, dans l'ensemble, a permis d'éliminer 59 % de l'ammoniac et 31 % d'hygrométrie sulfurée, et ce progressivement jusqu'à douze heures après l'opération. Mais attention, les concentrations se stabilisent ensuite à leur niveau initial et les taux de H 2S explosent pendant le raclage ', indique Sophie Lubac, ingénieur à l'Itavi. Sur le plan pratique, les raclages ont été difficiles en fin de bande (surcharge de lisier). ' Nous devrons sûrement adapter la fréquence des raclages à l'âge des animaux mais également aux saisons ', précise-t-elle. Depuis un an, cet élevage fait également l'objet d'une analyse continue des niveaux de gaz, de température, d'hygrométrie... qui aideront plus tard à la compréhension globale du problème. Mais les éleveurs attendent des résultats rapides. ' Nous ne testerons pas ici de produits, notre objectif est travailler en préventif sur les techniques d'élevage ou encore sur l'alimentation ', déclare Sophie Lubac. L'Institut reste néanmoins attentif aux traitements par additifs. ' On trouve sur le marché de nombreux produits plus ou moins efficaces, il me semble que ceux à base d'enzymes ou de bactéries, à condition de bien les utiliser, sont encourageants ', précise Claude Aubert, responsable environnement de l'Itavi. Sont envisagées également l'étude de l'impact de la brumisation et celle de la gestion des débits d'air. Pour ce dernier point, une connaissance de la production de chaleur des canards permettrait de mieux maîtriser les débits d'air dans les bâtiments à ventilation statique ou Louisiane et donc les flux d'odeurs. L'Inra y travaille en collaboration avec l'Itavi. (2) Participation au financement du conseil régional de Rhône-Alpes via le Pôle d'expérimentation et de progrès (Pep) avicole et du conseil général de l'Ain.
Hélène Descloux
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