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La France Agricole numéro 3096

Les outils pour récupérer les structures dégradées

Publié le vendredi 12 août 2005

Le choix d'un équipement de décompactage dépend du type de sol et de l'intensité de la restructuration souhaitée.

Le tassement excessif, la semelle de travail ou la prise en masse du terrain sont autant de dégradations qui influent défavorablement sur le profil cultural. Après la moisson, le décompactage permet de rectifier la structure du sol.

Les décompacteurs travaillent entre 25 et 50 cm de profondeur. Plus appropriés pour les terres légères, ils doivent pouvoir ameublir la zone tassée sans bouleverser le nivellement de surface ni la portance des sols. Sur ce marché, châssis en V et châssis droit se font concurrence. Le bâti droit présente l'avantage d'être facilement combinable avec un semoir ou un autre outil de travail du sol. La puissance de traction requise s'en voit alors tout naturellement augmentée. La nature des dents utilisées et leur écartement peuvent également influencer le choix entre le classique châssis en V et la monopoutre. Des dents à fort écartement de travail, 70 à 75 cm, facilitent l'évacuation des débris et résidus végétaux. Elles autorisent donc un montage sur un châssis monopoutre. A contrario, des dents à plus faible écartement, de l'ordre de 50 cm, comme les dents obliques requièrent un châssis en V pour compenser ce plus faible dégagement. L'écartement des pièces travaillantes, montées par brides, peut être réglable en fonction de la profondeur de travail et de l'intensité de restructuration souhaitées.
Les dents droites sont à l'heure actuelle remises en question. Selon Arvalis-Institut du végétal, elles éclateraient le sol en gros blocs hétérogènes et tendraient à remonter beaucoup de mottes à la surface. Les décompacteurs à lames fissurent le sol puis le déplacent latéralement. Avec leur extrémité en T ou à socs à plats, les lames droites et fines favorisent le soulèvement des masses de terre et l'ameublissement du terrain. Les lames obliques, à dents Michel, ou les lames courbes opèrent d'ailleurs à peu près similairement. Leur faible écartement se traduit par une bonne qualité et homogénéité du volume travaillé. Les lames sont déconseillées en terre semi-plastique car le risque de formation de zone lisse est alors important. En matière de protection contre les pierres, la sécurité non-stop envahit le marché malgré un coût élevé. La version hydraulique serait préférée pour ses capacités à amortir les chocs.

Avec un dégagement sous bâti plus faible que les décompacteurs, les charrues de pseudo-labour effectuent un décompactage jusqu'à 25 cm de profondeur. Équipées de dents rigides de faible écartement, elles sont également plus à l'aise dans les sols argileux. Ces outils ne sont pas appropriés aux terrains limoneux ou sableux, qu'ils émiettent trop, ni aux parcelles caillouteuses. Ce sont des socs larges d'environ 20 cm ou des déflecteurs latéraux qui brassent le sol sur la profondeur travaillée. Les résidus végétaux ne restent pas au fond de la raie car les charrues de pseudo-labour favorisent leur mélange au sein du volume restructuré. Plus chères à l'investissement que les décompacteurs, elles présentent également des coûts d'utilisation plus élevés.

Entraînées par la prise de force, les bêches roulantes sont déconseillées en sols caillouteux, mais adaptées au décompactage en terres argileuses ou en pente. La conception de ces outils limite en effet les phénomènes de patinage. Avec un écartement entre bêches relativement faible, ces équipements répartissent assez bien les restes végétaux dans le volume travaillé. Peu gourmandes en puissance, les bêches roulantes peuvent réaliser un travail jusqu'à 35 cm de profondeur, mais leur vitesse d'avancement est limitée. Leur coût d'achat et d'utilisation peut néanmoins sembler excessif.


LES PIECES DE RECHANGE
Pour décompacter et restructurer un sol, les pièces travaillantes sont fortement sollicitées, notamment les pointes sur les décompacteurs. Leur renouvellement peut vite faire grimper l'investissement initial. Les pastilles de carbure ont un coût d'achat élevé mais en contrepartie elles se caractérisent par une grande longévité. Elles s'avèrent intéressantes et économiques si le terrain comporte peu de pierres.

AGNÈS VARIN


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