Publié le vendredi 05 août 2005
L'organisation du travail reste le facteur déterminant pour choisir de répartir ou non les vêlages des laitières sur l'année.
Grouper près de la moitié des vêlages sur une période de trois mois ou étaler les mises bas sur toute l'année ? C'est toujours l'organisation du travail qui est mise en avant par l'éleveur laitier pour justifier sa conduite, révèle une enquête du Centre d'études et techniques agricoles (Ceta) d'Ille-et-Vilaine après avoir interrogé 230 de ses adhérents. ' Chacun trouve son intérêt dans l'une ou l'autre des méthodes, explique Ronan Le Gall, en charge de l'étude. Les éleveurs à la tête d'une structure de grande taille, qui disposent de main-d'oeuvre, préfèrent l'étalement des vêlages. Le travail est alors bien réparti tout au long de l'année, sans pointe excessive. Pour d'autres, le groupage permet de travailler par lot, de concentrer les tâches sur une même période dans un souci de rationalisation du travail. ' ' Et pourtant, si l'on s'en tient aux chiffres, alimenter des animaux présentant les mêmes besoins physiologiques améliore sensiblement la rentabilité, constate Ronan Le Gall. L'étude montre en effet un gain économique de 10 euros pour 1 000 litres de lait produit. La moyenne économique par vache est plus importante, avec 5 euros d'économie sur les concentrés. ' Et les fourrages sont également mieux valorisés, notamment grâce à la possibilité de fermer les silos d'ensilage. D'un point de vue technique, grouper les mises bas oblige l'éleveur à mieux surveiller les vaches aux périodes clés, c'est-à -dire à la détection des chaleurs, à l'insémination et au vêlage. Les éleveurs qui pratiquent le groupage s'investissent davantage dans ces moments importants, en s'aidant des méthodes et des outils existants, à savoir : le traitement hormonal, le détecteur de chaleur (marqueur coloré type kamar ou podomètre) ainsi que l'échographie. ' Reste la difficulté de l'âge des génisses au vêlage, à deux ans ou trois ans ', observe Ronan Le Gall. D'après l'étude, la période estivale est moins propice aux problèmes sanitaires pendant ou après les vêlages. Par ailleurs, le prix du lait est élevé à cette saison. Certains éleveurs évoquent la mise en place de deux périodes de vêlages : une première en mai et juin, notamment pour les génisses, et une deuxième en octobre. ' Ces deux vagues permettent aux éleveurs de moins se mettre ' la pression ' concernant les résultats de reproduction, estime-t-il. Avec toutefois le risque de basculer très vite vers un étalement des mises bas. ' GESTION DANS LE TEMPS : DE LA RIGUEURLe groupage des vêlages nécessite de s'en donner les moyens. Il s'agit de maîtriser l'âge des génisses au vêlage, de caler les génisses en début de période souhaitée, et de respecter les dates fixées de début et de fin d'insémination artificielle.
ISABELLE LEJAS
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