Publié le vendredi 08 juillet 2005
What a beautiful countryside ! (Quel beau paysage !) En débarquant sur le sol de France, plus d'un visiteur anglais se laisse séduire par les routes qui serpentent, le damier des champs ou le caractère pimpant et vivant des villages. Au point même, après un séjour estival, d'élire domicile dans nos campagnes, sans préjuger des tracas ultérieurs.N'en déplaise à Tony Blair, les paysages sont bien les fruits de l'action de l'homme en général et des agriculteurs en particulier. Les Britanniques ne sont pas les seuls à tomber sous le charme. Français ou étrangers, des citadins en mal d'espace désertent l'encombrement des villes pour trouver une maison à la campagne. Cette tendance semble appelée à durer et le prix de l'immobilier urbain déteint sur celui des propriétés rurales. La spéculation bat son plein autour des maisons de campagne. A tel point qu'en valeur, selon les Safer, les transactions résidentielles représentent aujourd'hui la moitié du marché de l'espace rural. Sur le court terme le phénomène peut faire saliver en vue d'une opération juteuse. A moyen et long terme, la surchauffe crée des situations délicates en matière de transmission du patrimoine et de fiscalité. Plus besoin de posséder un château pour être assujetti à l'ISF (impôts de solidarité sur la fortune). Ainsi, pour ne pas arriver le ' nez sur l'obstacle ', il devient utile d'anticiper en élaborant des montages familiaux adaptés. Il est toujours possible de miser sur les propositions visant à réviser l'ISF, dans le projet de budget 2006. Elles contribueraient à corriger quelques aberrations économiques. Reste à savoir si les comptes de la nation inciteront nos gouvernants à franchir le pas. Le foncier n'est pas un bien de consommation comme un autre. Et son marché demande un minimum d'organisation collective. Entre agrandissement des exploitations et emprises urbaines ou résidentielles, les réserves foncières montrent leurs limites dans certaines régions. Les plans locaux d'urbanisme (PLU) ont certes établi des zonages dans l'utilisation du sol. Mais les vents du marché guident souvent leurs révisions... Si l'idée de sanctuariser les terres agricoles paraît utopiste, les évolutions de la Pac militent pour un cadre politique. Sans mésestimer les convergences d'intérêts qui peuvent être établies entre agriculteurs et collectivités locales, des mesures nationales sont nécessaires pour favoriser le maintien de terres et bâtiments à vocation agricole. Avant d'attaquer la discussion du projet de loi d'orientation, l'été devrait laisser mûrir des amendements dans ce sens.
ERIC MAERTEN
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