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La France Agricole numéro 2892

Betteraves : la rhizomanie continue de progresser

Publié le vendredi 22 juin 2001

La rhizomanie touche désormais près d'un hectare de betteraves sur deux en France. Pour éviter les risques de contournement de résistance, des études vont être lancées à l'échelle internationale.

La rhizomanie continue régulièrement sa progression en France. Les surfaces touchées sont passées de 105 000 hectares en 1998 à 185 000 ha en 2000 soit 45,6 % de la sole betteravière. Les variétés tolérantes représentent cette année 50 % des surfaces ensemencées au plan national contre 15 % en 1997. En Champagne et dans le département de l'Aisne, la maladie est en train d'exploser, les variétés tolérantes occupent en 2001, entre 70 et 75 % des surfaces. De nouveaux foyers ont également été observés dans le Nord-Pas-de-Calais et en Normandie. Eric Choppin de Janvry, directeur de l'Institut technique de la betterave (ITB), estime que d'ici quatre ans, l'utilisation de variétés tolérantes sera généralisée.
Heureusement, il existe aujourd'hui des variétés tolérantes performantes. Dans les essais menés en champs sains, elles ont un niveau de productivité tout à fait comparable aux variétés traditionnelles et bénéficient maintenant de meilleures résistances à la montée à graines. Au moindre doute, il ne fallait sans doute pas hésiter au semis à opter pour une variété tolérante, dans toutes les parcelles touchées par la maladie, même avec une pression faible, elle procure un rendement nettement supérieur à celui d'une variété classique.

Mais le problème de la rhizomanie pose aujourd'hui d'autres interrogations. Dans l'Aisne, le syndicat des producteurs de betteraves constate depuis trois ans, un plafonnement des richesses moyennes du département. Georges Martin, son directeur se demande si ces plus faibles richesses ne sont pas dues à la présence de la rhizomanie dans pratiquement tout le département.
Ce n'est pas tout, des essais menés dans le Loiret en 2000 montrent que les variétés tolérantes disponibles aujourd'hui ne répondent pas toutes de la même façon à la rhizomanie. ' Il existe une variabilité génétique dans les résultats, explique Eric Choppin de Janvry. L'apparition dans le même département de plantes plus pâles dans les parcelles que certains appellent les betteraves ' clignotantes ' soulève un certaine inquiétude. La présence de ces symptômes de la rhizomanie dans des parcelles ensemencées avec des variétés en principe tolérantes témoignerait d'une certaine perte de tolérance sur certains pieds. Il est souvent difficile de distinguer ces betteraves pâles de celles atteintes de jaunissements dus à d'autres explications mais l'ITB a réalisé des comptages dans les essais variétés. Ceci lui a permis d'évaluer au maximum à 6 % le taux de ces betteraves pâles. L'institut technique a alerté les semenciers sur ce phénomène. Certaines souches du virus de la rhizomanie seraient-elles en train de contourner la tolérance obtenue par la voie génétique ? ' Nous allons très rapidement lancer dans le cadre de l'IIRB, l'Institut international de la recherche sur la betterave, des études très poussées sur la variabilité de la résistance et le suivi des souches de rhizomanie, explique le directeur de l'ITB. Notre objectif est de mettre tout en oeuvre pour éviter le contournement de la résistance. '



Blandine Cailliez


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