Publié le vendredi 01 juillet 2005
Au Gaec des Métairies, les deux silos-tours près de la stabulation sont à la base d'une installation de distribution du fourrage complètement automatisée.
Pour les trois associés du Gaec des Métairies, à Percey, dans l'Yonne, le travail d'astreinte se résume à la traite des soixante vaches et à l'alimentation des veaux, soit environ une heure et demie matin et soir. Tout ce qui concerne la distribution des fourrages est automatisé et demande une heure de travail... par mois : ' Quand nous avons tracé les plans de notre nouvelle stabulation, notre préoccupation majeure portait sur le confort de travail et aussi sur celui des animaux, indiquent Franck et Thierry Boucheron, installés avec leur mère, Monique. La retraite de notre mère approchant, il nous fallait aussi penser à la réduction du travail. Là où d'autres éleveurs robotisent la traite, nous avons préféré automatiser tout ce qui concerne la reprise et la distribution des fourrages. ' S'inspirant d'installations vues aux Etats-Unis, les frères Boucheron ont retenu un système de stockage du maïs et de l'herbe en silos-tours. Ces deux cylindres de 16 m de haut pour l'un et 19 m pour l'autre totalisent 970 m³ de capacité, soit environ 700 t d'ensilage. Chaque silo comporte une goulotte pour le remplissage et un tube pour le déchargement. Le remplissage s'effectue à l'aide d'une soufflerie entraînée par un tracteur de 150 ch. Pour la reprise, une dessileuse tourne sur la surface du tas en ramenant le fourrage au centre. De là , il est repris par une soufflerie qui l'envoie dans le tube de déchargement. En bas du tube, l'ensilage est récupéré par des bandes transporteuses qui le convoient jusque dans la mangeoire des vaches. Toutes les fonctions sont gérées par une armoire de commandes avec processeur et sont sécurisées par des palpeurs. Les sept distributions quotidiennes d'ensilage s'effectuent donc sans aucune intervention humaine. Le concentré est de son côté apporté individuellement par un distributeur automatique. ' L'objectif des sept distributions quotidiennes est de faire revenir les vaches à l'auge pour qu'elles ingèrent le maximum de fourrage grossier ', expliquent Franck et Thierry. Les deux silos (achetés d'occasion) représentent un investissement de 138 000 euros : ' Comme ils sont installés sur du remblai, nous avons eu d'importants surcoûts en génie civil ', précisent les éleveurs. Les tapis ont coûté 59 000 €. ' Ça peut sembler cher, mais il faut mettre dans la balance tous les mètres cubes de béton qu'il aurait fallu pour construire des silos-couloirs et les coûts qu'ils engendrent en bâche, en lestage et en pertes. Il faut ajouter le prix d'achat et d'utilisation du matériel de reprise et de distribution et les mètres carrés couverts du couloir d'alimentation. En incluant l'économie de main-d'oeuvre, nous mettrons moins de vingt ans pour amortir le supplément d'investissement ', estiment les frères Boucheron. Les silos en acier émaillé et leur boulonnerie en Inox dureront bien au-delà de cette période. FOURNISSEURS : PEU D'INTERVENANTSDisponibles en France depuis plus de quarante ans, les silos-tours restent très peu commercialisés. Le marché est un petit peu plus dynamique dans le nord de l'Europe et en Suisse. En France, deux entreprises installent ces équipements : CES (Villegats, Charente) et Silos techniques services (Echauffour, Orne), qui commercialise aussi les matelas à logettes Stabulex. La société Sermailoc (Montpellier, Hérault) effectue les travaux de génie civil préalables. Forts de leur expérience, les frères Boucheron proposent leurs conseils pour accompagner la réalisation d'installations de ce type.
RÉMY SERAI
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