Publié le vendredi 17 juin 2005
Le taux d'humidité et la présence d'insectes sont les points essentiels à maîtriser au cours du stockage des pois et des féveroles, surtout lorsqu'ils sont destinés à l'alimentation humaine.
Compte tenu des cours plutôt bas des protéagineux, les agriculteurs sont tentés de les stocker à la ferme et d'attendre que les prix remontent un peu pour les vendre. Or, le stockage des pois et des féveroles nécessite une attention particulière, surtout lorsque les lots sont commercialisés à l'export en alimentation humaine.' Nous conseillons aux agriculteurs de ne pas moissonner les pois au dessous de 15 % d'humidité. Pour éviter un pourcentage de grains cassés trop important, le mieux est de récolter entre 15 et 17 %, explique Alexandre Hemet, d'Arvalis-Institut du végétal. La norme de commercialisation des pois ou des féveroles est de 15 % maximum de teneur en eau, l'agriculteur qui stocke va donc devoir ramener le taux d'humidité de sa récolte, au-dessous de ce seuil. ' Selon le spécialiste, il est assez facile de ramener l'humidité d'un lot de pois récolté entre 15 et 17 % de teneur en eau sous la barre des 15 %. Les grains de pois sont beaucoup plus gros que ceux de blé ou de colza, ce qui facilite la circulation de l'air insufflé par ventilation. Un ou deux points d'humidité assez aisément gagnés en optant pour un refroidissement par paliers successifs. Il peut aussi être intéressant d'opter pour une ventilation séchante des grains (voir encadré). Les pois et les féveroles étant des graines relativement sensibles, le responsable d'Arvalis insiste sur la nécessité de préserver la bonne intégrité physique des graines et de maintenir la couleur jaune des pois. ' Il est donc important de les manipuler en minimisant les chocs et d'éviter la chaleur et l'humidité ', ajoute Alexandre Hemet. La commercialisation des pois et des féveroles sur le marché de l'alimentation humaine impose également un faible taux de grains rongés par les tordeuses pour les pois et de grains bruchés pour les féveroles et les pois. En outre, le lot ne doit contenir aucun insecte vivant. ' La présence de grains abîmés par les insectes se gère au champ, indique Alexandre Hemet. Mais pour assurer une absence totale d'insectes vivants et, en particulier de bruches, à la sortie du stockage, les traitements au champ ne suffisent pas. ' Le passage au nettoyeur séparateur élimine les insectes adultes sortis des graines et constitue une solution économique. ' Mais il ne supprime pas le risque de nouvelles sorties d'insectes après le nettoyage, souligne le responsable d'Arvalis. En fait, la seule solution efficace pour être sûrs de disposer d'un lot sans aucune bruche est de réaliser un traitement à la phosphine (phosphure d'hydrogène) par fumigation. '
BLANDINE CAILLIEZ
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