Publié le vendredi 10 juin 2005
Avec son élevage d'une trentaine de chevaux, Daniel Pujol vend des animaux dressés et fait de la prestation de services en forêt.
Daniel Pujol s'est d'abord installé en Gaec avec son cousin à Pont-d'Héry (Jura) en 1984. Il commence à élever quelques chevaux comtois sur l'exploitation laitière. ' A l'occasion, je réalisais localement des chantiers de débardage de bois pour débourrer les chevaux. Je revenais tard pour soigner les bêtes. Mon associé ne s'intéressait pas aux chevaux. Nous nous sommes séparés en bons termes en 1995 ', se souvient Daniel Pujol qui se spécialise alors dans l'activité équine. ' Je m'en sors, mais je ne gagne pas plus d'un Smic ', explique-t-il.Daniel Pujol produit des poulains croisés comtois x selle français appréciés par sa clientèle de particuliers. ' C'est un bon compromis entre l'engouement des clients pour le trait et la vivacité, la légèreté du selle français. Beaucoup de purs comtois sont trop lourds, maladroits au travail ', détaille Daniel. La vente des animaux dressés pour le loisir, l'attelage et le dressage à façon pour d'autres propriétaires constituent sa principale source de revenu. Une quinzaine de chevaux sont dressés par an. Certains sont partis en Allemagne, d'autres travaillent dans des vignes françaises. Le travail en forêt avec des chevaux représente presque la moitié de son chiffre d'affaires. Pour travailler avec l'Office national des forêts (ONF), Daniel Pujol s'est fait reconnaître exploitant forestier et entrepreneur de travaux forestier tout en maintenant une seule comptabilité agricole. Pour l'ONF, Daniel effectue des chantiers d'éclaircies dans des réserves biologiques où le passage du tracteur est interdit. Pour des particuliers ou des communes, il sort du bois de chauffage, du bois d'oeuvre ou d'industrie sur des petites parcelles accidentées où ' l'abatteuse ' ne peut pas aller. ' Je préfère couper le bois pour le sortir à mon idée ', précise Daniel. Il achète parfois des coupes sur pied et vend le bois en bord de route. Le chiffre d'affaires de l'exploitation a chuté de 59 000 € en 2000 à 39 000 € en 2004. A 55 ans, ce passionné s'interroge sur l'avenir de son élevage. ' J'ai acheté une voiture à cheval 4 500 € pour faire des balades d'été à Salins-les-Bains. Au bout de deux ans, le syndicat d'initiatives a décidé de jeter l'éponge. Je reçois des stagiaires. Ils sont enchantés de travailler avec les chevaux même s'ils n'ont pas l'assurance d'avoir du travail ', dit-il en regrettant le manque de soutien.
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