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La France Agricole numéro 3086

Maïs : progression des ventes vers le sud de l'Union

Publié le vendredi 27 mai 2005

Le marché se maintient en cette fin de campagne grâce notamment à l'augmentation de la demande espagnole.

La sole française de maïs grain perdrait 110 000 ha par rapport à l'an dernier pour atteindre 1,66 Mha en 2005, selon les estimations de l'AGPM (Association générale des producteurs de maïs). Le service statistique du ministère de l'Agriculture (Scees) est un peu plus optimiste avec une prévision à 1,69 Mha. Les emblavements chuteraient ainsi de 7 % à 7,5 % par rapport à 2004 et ils seraient inférieurs de 6 % à la moyenne quinquennale, selon le Scees.
Les semis ont débuté dans un contexte de déficit hydrologique, qui incite les maïsiculteurs à modifier leurs assolements au profit de cultures moins exigeantes en eau. Les baisses les plus marquées concerneraient la Bretagne (- 19 %), le Poitou-Charentes (- 15 %) et les Pays de la Loire (- 12 %) où les précipitations ont été faibles cet hiver. L'estimation de la production est ajustée à 16 Mt, tandis que la collecte, revue à la hausse par rapport aux précédentes prévisions, atteindrait 13,8 Mt selon l'Onic.

Cette chute de production concernerait aussi les pays du sud de l'Europe où les surfaces en maïs grain ont largement diminué. L'Union récolterait ainsi 3 Mt en moins au minimum pour s'établir à 50,4 Mt. Un chiffre à mettre en parallèle avec l'augmentation du stock de report de cette campagne évalué à 2,8 Mt, en légère baisse par rapport au mois dernier.
Le courant des ventes vers l'Union européenne a été revu à la hausse à 7 Mt (+ 200 000 t), en raison surtout des besoins du sud de l'Union touché par la sécheresse. Les difficultés de transport pour le maïs hongrois, ainsi que les prix compétitifs des maïs français facilitent les transactions, aussi bien vers le nord de la Communauté que vers la Péninsule ibérique où les prévisions d'exportations ont été augmentées. Le marché sud-ouest a ainsi connu un certain rebondissement, tant sur les prix que sur le niveau d'affaires. En revanche, la situation est beaucoup moins tendue au nord de la Loire, avec des acheteurs plus en retrait. Les incorporations par les fabricants d'aliments du bétail ont été abaissées de 100 000 tonnes à 3,2 Mt, conséquence des prix plus attractifs du blé.
Dans ce contexte, les cours évoluent en ordre dispersé mais restent fermes. Ce climat favorable de fin de campagne pourrait toutefois être perturbé par la possible revente des stocks d'intervention de pays d'Europe centrale comme la Hongrie vers le Portugal et l'Espagne, alors qu'il y a des disponibilités sur le marché libre.


ISABELLE ESCOFFIER


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